Comité régional : Moments forts de la deuxième journée

WHO

Aujourd’hui, le Comité régional a adopté 20 indicateurs de base permettant de mesurer le degré de réalisation des cibles de Santé 2020 et de communication des informations relatives aux progrès réalisés à l’échelle nationale sur la voie de sa mise en œuvre.

Mise en œuvre de Santé 2020

Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, passe en revue les activités menées durant l’année écoulée par l’OMS/Europe aux fins de la mise en œuvre de Santé 2020, ainsi que certaines des initiatives prises par les pays pour intégrer la politique européenne dans leurs activités nationales depuis son adoption lors de la soixante-deuxième session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe.

L’OMS/Europe a non seulement présenté la politique dans le cadre de rencontres internationales et en a fait la priorité de ses plans d’activités pour 2014-2015, mais elle élabore aussi actuellement un ensemble de ressources et de services comprenant neuf éléments afin d’aider les pays dans le processus de mise en œuvre. S’agissant des progrès réalisés au niveau national, Mme Jakab félicite plusieurs pays.

  • L’Irlande élabore sa politique selon une approche pansociétale.
  • L’Autriche a défini des cibles.
  • La Lettonie et la Lituanie ont des politiques nationales en totale adéquation avec Santé 2020 et ont organisé des conférences nationales de consensus.
  • Les pays du Réseau-santé de l’Europe du Sud-Est se sont dotés d’une stratégie de croissance qui tient compte de Santé 2020.
  • L’Ukraine a ouvert un centre national de prévention et de contrôle des maladies.
  • La Turquie continue de renforcer la collaboration intersectorielle en matière de santé.

Comparant Santé 2020 à « notre étoile Polaire », Zsuzsanna Jakab met en évidence la parfaite adéquation entre cette politique et l’objectif de couverture sanitaire universelle. Pour conclure, elle cite Margaret Chan, directeur général de l’OMS : « De nouvelles approches et de nouvelles perspectives s’imposent si l’on veut que la couverture sanitaire devienne une réalité pour les pays de la Région. Il est désormais indispensable de faire évoluer la mentalité des responsables politiques, des soignants et des membres du public d’une idée de la santé conçue comme une lutte contre la maladie à une autre vision des choses qui mette l’accent sur la promotion de la santé et du bien-être. »

Publication du rapport sur les déterminants sociaux de la santé et la fracture sanitaire dans la Région européenne de l’OMS

En dépit d’une amélioration considérable de la situation sanitaire dans la Région européenne, un manque d’équité persiste entre les pays et au sein de ces pays : en matière d’espérance de vie, l’écart d’un pays à un autre est de 17 ans pour les hommes et de 12 ans pour les femmes.

L’objectif de cette analyse est de rassembler de nouvelles bases factuelles qui puissent s’appliquer à la diversité des pays constituant la Région européenne, une diversité qui existe sur le plan du revenu national, du développement social, de l’histoire, de la politique et de la culture. Treize groupes de travail ont analysé les nouvelles bases factuelles pour déterminer ce qui peut être fait, et le rapport publié aujourd’hui formule des recommandations, qui peuvent se résumer ainsi : faire quelque chose, faire plus et faire mieux.

  • Si les pays sont très peu pourvus en termes de politiques sur les déterminants sociaux de la santé, toute action compte.
  • Lorsque des politiques existent, l’analyse montre comment les améliorer pour remédier aux manques d’équité importants et persistants.
  • Dans les pays les plus riches d’Europe, il est encore possible de lutter plus efficacement contre les manques d’équité.

Table ronde ministérielle sur la mise en œuvre de Santé 2020

Animé par le professeur Martin McKee, le débat réunit des ministres et responsables de haut rang de l’Autriche, de la Lettonie, de la Lituanie, du Monténégro, de la Serbie, de la Turquie et de l’Ukraine. Plusieurs participants soulignent l’importance et la difficulté d’atteindre le plus haut niveau d’engagement politique pour améliorer la santé et le bien-être et mettre en œuvre la politique dans d’autres secteurs que celui de la santé. Les participants à la table ronde expliquent comment le ministère de la Santé mobilise d’autres secteurs du gouvernement, soit par le biais de l’engagement personnel du chef de l’État, en créant des comités permanents et des organes de coordination séparés, soit en mettant la santé au programme du gouvernement. Or, pour certains pays, dépasser le stade de la planification et faire participer d’autres secteurs à la mise en œuvre – qui paye quoi ? – s’avère difficile.

La crise économique conduit certains pays à réaménager leurs services de santé, à mettre l’accent sur l’utilisation rationnelle des ressources et à donner la priorité aux soins de santé primaires. Tout en reconnaissant l’existence de différences entre les situations nationales, les délégués voient des avantages à la collaboration avec des pays voisins et à la création, par de petits pays, d’une plate-forme d’échange et de coopération permettant de mettre en commun des savoir-faire et des capacités d’action. Par ailleurs, beaucoup s’accordent à dire que les ministères de la Santé ont besoin d’un « dictionnaire de langue » afin de faire comprendre à d’autres secteurs, notamment celui de la finance, les avantages que chacun peut tirer d’un investissement dans la santé.

Cadre de suivi de Santé 2020

Les États membres se sont accordés sur la nécessité de mettre au point un certain nombre d’indicateurs pour mesurer le succès de Santé 2020 et les progrès accomplis sur la voie de la réalisation de ses cibles. Le docteur Claudia Stein, de l’OMS/Europe, explique comment des groupes de travail d’experts et un processus de consultation des pays ont permis de sélectionner et définir 20 indicateurs de base, notamment en ce qui concerne le bien-être. Elle précise que ces indicateurs reposent essentiellement sur des données transmises régulièrement par les pays, qu’ils sont en adéquation avec le cadre mondial de suivi des maladies non transmissibles et que l’OMS/Europe communiquera des moyennes régionales des données transmises. Elle ajoute qu’il est nécessaire de continuer à travailler à l’élaboration d’indicateurs subjectifs du bien-être.

Lors des débats en séance plénière, les délégations apportent un large soutien aux indicateurs et font l’éloge du processus ouvert dans lequel s’est déroulée leur élaboration. La résolution sur les indicateurs relatifs aux cibles de Santé 2020 est adoptée par le Comité régional.

Séance d’information technique sur la prévention des mauvais traitements et autres expériences négatives dans l’enfance

Un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’OMS/Europe révèle que, dans la Région européenne de l’OMS, 18 millions d’enfants de moins de 18 ans subiraient des mauvais traitements, selon des estimations basses. D’après les conclusions de ce rapport, 9,6 % des enfants subiraient des abus sexuels, 22,9 % des sévices physiques et 29,1 % des sévices affectifs.

Le rapport, examiné lors d’une réunion d’information technique, fait ressortir la nécessité de prévenir toutes les formes d’abus dans l’enfance et de rompre ainsi l’engrenage vers des comportements à risque à l’âge adulte et de mauvaise santé à long terme. Les initiatives de prévention ciblées sur les groupes les plus à risque, telles que les partenariats avec des infirmières/membres de la famille, la parentalité positive et les programmes préscolaires regroupant plusieurs composantes se sont avérées efficaces.

Nutrition et maladies non transmissibles

Lorsque le Plan d’action européen de l’OMS pour l’alimentation et la nutrition est arrivé à son terme, en 2012, la question a été de savoir quelle voie suivre. Comme l’explique le docteur Gauden Galea, de l’OMS/Europe, une Conférence ministérielle européenne de l’OMS sur la nutrition et les maladies non transmissibles dans le contexte de Santé 2020 a été organisée en juillet afin de traiter cette question. Dans la mesure où 15 des 20 facteurs de risque de maladie non transmissible sont liés à la nutrition et à l’activité physique, le sujet reste, de toute évidence, préoccupant. Certes, de nombreux pays ont adopté des politiques en matière de nutrition ou les ont renforcées, mais celles-ci emploient souvent la « manière douce » et reposent sur la sensibilisation et l’information ; pendant ce temps, l’obésité continue de progresser, en particulier chez les enfants. La Déclaration de Vienne publiée à l’issue de la conférence a donné lieu à un large processus de consultation, ce qui prouve que les pays souhaitent aller encore plus loin. Les États membres le confirment lors de la présente session du Comité régional en adoptant une résolution approuvant la Déclaration de Vienne, et en particulier l’élaboration d’un plan d’action européen sur l’alimentation et la nutrition et d’une stratégie en matière d’activité physique. Plusieurs délégués font part de leur expérience en évoquant des initiatives nationales sur la nutrition, l’activité physique et le régime alimentaire qui n’ont pas permis de lutter contre l’obésité chez les enfants et les adolescents, et indiquent qu’ils recevront avec plaisir des idées d’action internationale ainsi que des conseils. Le docteur Galea se félicite du « soutien massif apporté à la Déclaration et la résolution », et promet de faire plus, « mais avec circonspection et dans les limites du budget ».

La santé dans toutes les politiques

Taru Koivisto, du ministère finlandais des Affaires sociales et de la santé, fait le bilan de la huitième Conférence mondiale sur la promotion de la santé, qui s’est tenue à Helsinki en juin 2013. Après avoir accepté le concept fondamental à la base de la démarche consistant à intégrer la santé dans toutes les politiques, la conférence s’est intéressée aux moyens de prendre en compte la santé dans tous les secteurs, en faisant part aux pays d’expériences pratiques qui puissent leur donner des orientations concrètes. L’une des journées de la conférence, la Journée de l’Europe, était consacrée à la présentation d’expériences vécues dans la Région européenne, ce qui a été l’occasion de prendre conscience de la diversité de cette région et d’effectuer des comparaisons avec d’autres. Elle a permis de replacer le concept de santé dans toutes les politiques dans le contexte de Santé 2020 et de l’élaboration des politiques sanitaires. Des séances ont été consacrées à la santé tout au long de la vie, à une meilleure gouvernance, aux maladies non transmissibles et à leurs facteurs de risque, à l’environnement, à la lutte contre les inégalités, et à la santé au travail. La Déclaration d’Helsinki sur la santé dans toutes les politiques a lancé un appel aux gouvernements afin qu’ils adoptent comme priorité politique de s’acquitter de leurs obligations envers leurs populations, quels que soient les conflits d’intérêts, et qu’ils reconnaissent que, même si la santé n’est pas toujours leur priorité numéro un, elle doit toujours être prise en compte. Les délégués souhaitent poursuivre le débat sur ce thème à l’occasion du Conseil exécutif et de l’Assemblée mondiale de la santé.

Les systèmes de santé en période de crise économique mondiale

Le docteur Hans Kluge, de l’OMS/Europe, évoque le large soutien que ce Bureau a apporté aux pays depuis le début de la crise financière et économique, en 2008, afin de les aider à atténuer l’impact de cette crise sur la santé des populations et les systèmes de santé. Grâce à la contribution de nombreux membres du personnel et d’autres spécialistes, l’OMS/Europe a réuni des bases factuelles sur la nature de cet impact, qui seront publiées cette année dans deux rapports. Une réunion de haut niveau sur les systèmes de santé en période de crise économique mondiale, qui s’est tenue à Oslo en avril, a permis de définir dix enseignements et recommandations inspirés de l’application des politiques, qui ont ensuite été examinés plus avant, revus et remaniés lors de consultations avec les États membres et le Comité permanent du Comité régional. Compte tenu du caractère multisectoriel de l’impact de la crise, l’OMS/Europe s’emploie à favoriser le dialogue entre les secteurs de la santé et de la finance en poursuivant ou en renforçant la collaboration avec des partenaires tels que l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Fonds monétaire international ainsi que l’Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé ; elle aide par ailleurs les pays en les amenant à améliorer l’actualité des données recueillies et en mettant au point des indicateurs.

Plusieurs délégués font état des efforts qu’ils déploient pour atténuer les effets de la crise sur la santé de leurs populations et expliquent que les dix enseignements et recommandations inspirés de l’application des politiques ont été utiles lors de leurs discussions avec d’autres secteurs, notamment le secteur financier. Le Comité régional adopte la résolution sur les systèmes de santé en période de crise mondiale et approuve les enseignements et recommandations. Comme le résume le docteur Kluge : « L’interaction entre les politiques sanitaires et budgétaires montre que les gouvernements ont un choix à faire. Autrement dit, ils doivent accorder de l’importance aux priorités et tenir compte des témoignages et de la voix des citoyens. »

État d’avancement du processus européen Environnement et santé

Le processus européen Environnement et santé, lancé il y a 25 ans, est le mécanisme multisectoriel et solidement structuré le plus ancien et le plus long qui ait été mis en place dans la Région européenne de l’OMS. Il est aussi un exemple du rôle de pionnier qu’a joué l’OMS en instaurant le concept de la santé dans toutes les politiques et l’approche pangouvernementale de la santé qui sont au cœur de Santé 2020. Un nouveau mécanisme de gouvernance comprenant le Groupe de travail européen Environnement et santé et le Conseil ministériel européen de l’environnement et de la santé est en place depuis 2010.

Cette année, le Conseil ministériel fait rapport au Comité régional de l’OMS et au Comité sur la politique environnementale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) sur la mise en œuvre de la Déclaration de Parme et les perspectives d’avenir.

Au cours d’une table ronde, les délégués d’Israël et de la Serbie et les représentants du ministère fédéral allemand de l’Environnement et de la CEE-ONU soulignent que les questions d’équité en matière d’environnement et de santé sont étroitement liées. Comme le fait observer le représentant du ministère fédéral allemand : « Sans nous, vous n’y arriverez pas. La pollution de l’environnement a une incidence très grave sur l’air que l’on respire, l’eau que l’on boit, les aliments que l’on mange, en fait sur tous les besoins essentiels de l’être humain. » S’attaquer à ce que l’on appelle les « inégalités en santé » dans un secteur revient au même qu’exiger une « justice environnementale » dans un autre.

Les délégations soutiennent largement le processus Environnement et santé et les travaux du Groupe de travail et du Conseil ministériel, l’accent étant mis sur la rationalisation et le ciblage de leur action et de leurs engagements. L’attention est attirée sur l’importance de rester utiles aux deux secteurs.

Moments forts de la journée de mercredi

  • Présentation du cadre régional pour la surveillance et la lutte contre les moustiques invasifs et vecteurs de maladies et les maladies réémergentes à transmission vectorielle
  • Plan d’action européen sur la santé mentale 2014-2020
  • Rapport d’avancement sur l’élimination de la rougeole et de la rubéole
  • La gouvernance de l’OMS/Europe
  • Partenariats pour la santé
  • Bureaux géographiquement dispersés