Ouverture du Comité régional en Turquie

WHO

Nikola Todorov, Minister of Health of the former Yugoslav Republic of Macedonia, and Zsuzsanna Jakab, WHO Regional Director for Europe, signed a Biennial Collaboration Agreement on 15 September 2013

Des ministres de la Santé et de hauts responsables de 51 États membres de la Région européenne de l’OMS sont réunis à Çeşme Izmir (Turquie), du 16 au 19 septembre 2013, à l’occasion de la soixante-troisième session du Comité régional de l’Europe.

Cette session est diffusée sur Internet en anglais et en russe et fait l’objet d’une couverture sur Twitter (#rc63izmir).

Réunion de haut niveau avec certains États membres

Les 14 et 15 septembre, l’OMS/Europe a animé des débats avec des délégués de la Croatie, de l’ex-République yougoslave de Macédoine, de la Fédération de Russie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la République de Moldova, du Monténégro, de l’Ouzbékistan, de la Roumanie, du Tadjikistan, de la Turquie et de l’Ukraine, ainsi qu’avec des représentants de l’Alliance GAVI, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), du Rotary International et du siège de l’OMS. Ces réunions étaient organisées dans le but de favoriser les discussions stratégiques informelles et d’échanger des expériences sur certaines questions, dont la vaccination et les maladies à prévention vaccinale, le Plan d’action consolidé pour la prévention et la lutte contre la tuberculose multirésistante et ultrarésistante, le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles, un plan d’action européen sur la santé mentale, la lutte antitabac, la politique alimentaire et nutritionnelle, Santé 2020 et la réforme de l’OMS.

Élimination de la rougeole et de la rubéole

Des épidémies occasionnelles de cette maladie menacent l’objectif régional d’élimination fixé à 2015, et pour y faire face, un programme de mesures accélérées sera présenté devant le Comité régional. La rougeole est une maladie saisonnière et son profil dans la Région est en train de changer : elle ne touche plus seulement les enfants et l’on dénombre de plus en plus de cas chez les adolescents et les jeunes adultes. Le relâchement de la vigilance, à différents niveaux politiques et dans le public, de même que l’approvisionnement en vaccins dans certains pays, demeurent problématiques. Les participants ont évoqué les bonnes pratiques en vigueur dans la Région des Amériques de l’OMS, car la maladie y est éliminée depuis plus de 10 ans. Dans la Région du Pacifique occidental, qui est également sur le point d’atteindre son objectif d’élimination, la stratégie adoptée a pour axe principal le ciblage des campagnes de vaccination sur les groupes à haut risque.

Poliomyélite : la stratégie de « l’assaut final »

La Région européenne de l’OMS est certifiée indemne de poliomyélite depuis plus de dix ans. Dans le cadre des efforts déployés à l’échelle mondiale pour éliminer la maladie, l’OMS a élaboré une stratégie de « l’assaut final ». L’une des conséquences de ce plan pour la Région est l’abandon progressif des vaccins oraux contre la poliomyélite (qui sont vivants) au profit de vaccins antipoliomyélitiques inactivés (VPI). Ces derniers ne sont pas vivants et ne peuvent donc pas circuler ou revenir à l’état sauvage. De nombreux pays utilisent déjà uniquement le VPI et une dose au moins doit être introduite dans chaque pays de la Région d’ici 2015. L’OMS aidera les pays dans ce processus en leur apportant des conseils en matière de planification et de logistique et un soutien pour ce qui est des achats, et prêtera assistance aux autorités de réglementation en ce qui concerne la mise sur le marché ; la GAVI aidera certains pays sur le plan de l’approvisionnement.

Plan d’action mondial pour les vaccins

Un plan d’action régional doit être élaboré à l’appui du Plan mondial, grâce à un processus consultatif avec les États membres, et présenté d’ici un an. Ce plan régional n’augmentera pas les exigences des États membres en matière de suivi, mais mettra l’accent sur la nécessité de transmettre des données de qualité en temps utile. Les participants se sont déclarés en faveur de l’élaboration d’un plan régional qui renforce la responsabilité, améliore la couverture et tienne compte des différences d’un endroit à un autre de la Région.

Plan d’action sur la tuberculose multirésistante et ultrarésistante

Plus de 95 % des patients atteints de tuberculose multirésistante habitent dans les pays de la Communauté des États indépendants. Le taux de réussite du traitement pour cette forme de tuberculose est compris entre 18 % et 80 %, soit en moyenne 45 %. L’OMS a élaboré un recueil des meilleures pratiques en matière de prévention, de soins et de lutte contre la tuberculose. Sous l’action combinée d’investissements à l’échelle locale et d’un engagement politique, d’importants progrès ont été réalisés dans plusieurs pays au cours des deux dernières années. Les participants ont souligné la nécessité d’une action de l’ensemble du gouvernement, y compris du secteur pénitentiaire, et d’un renforcement des soins de santé primaires pour tenter de remédier à ce problème ; ils ont en outre exprimé leurs préoccupations à l’égard de la réforme des services actuels en matière de tuberculose, ainsi que de la disponibilité de tests de dépistage rapide, de médicaments de deuxième intention et de soins psychosociaux pour les personnes sous traitement.

Le Plan d’action européen en matière de VIH/sida

Les taux d’infection par le VIH augmentant plus rapidement que les traitements, la Région européenne de l’OMS connaît un « déficit thérapeutique ». L’OMS a récemment publié de nouvelles lignes directrices combinées sur l’utilisation des antirétroviraux dans le traitement et la prévention de l’infection par le VIH. Ce nouveau document met l’accent sur la nécessité de traiter les personnes qui en ont le plus besoin, mais reconnaît également l’intérêt de démarrer plus tôt un traitement antirétroviral. L’OMS et l’ONUSIDA ont également mis en place l’initiative Traitement 2015, dans le but d’augmenter le nombre de personnes traitées. Ce cadre fait valoir que le traitement est d’un bon rapport coût-efficacité et qu’à terme, il pourrait permettre de faire des économies car il reporte à plus tard les dépenses de traitement pour les personnes séropositives. Les délégués sont convenus qu’il était nécessaire de mettre en place à la fois des interventions en matière de prévention et de traitement pour lutter contre l’épidémie de VIH. En dépit des taux d’infection croissants, la Région devrait en principe être la première à avoir éliminé la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

Règlement sanitaire international

Entrée en vigueur en 2007, la version révisée du Règlement sanitaire international (RSI) préconise le renforcement des capacités nationales pour les systèmes de surveillance et d’action ainsi qu’aux points d’entrée (ports maritimes, aéroports et postes-frontières terrestres). La date limite de mise en œuvre du RSI était 2012, avec la possibilité pour les pays d’un délai jusqu’en 2014 sous réserve de la transmission à l’OMS d’une demande et d’un plan écrits. Suite à des discussions menées lors de la dernière Assemblée mondiale de la santé, l’OMS demande conseil à ses États membres sur les critères possibles de report de la date de mise en œuvre au-delà de 2014.

Résistance aux antibiotiques

Suite à l’adoption d’un plan d’action stratégique européen sur la résistance aux antibiotiques en 2011, l’OMS/Europe a entrepris des évaluations dans plusieurs États membres et créé le Réseau CAESAR (Surveillance de la résistance aux antimicrobiens en Europe orientale et en Asie centrale). Les travaux dans ce domaine sont entrepris en étroite collaboration avec de nombreux partenaires, en particulier le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM). Parmi les volets indispensables de ces travaux figurent des activités de sensibilisation qui mettent l’accent sur les risques d’une mauvaise utilisation des antibiotiques pour le public comme pour les professionnels de santé, une priorité accrue accordée à la modification des comportements et une collaboration de tous les secteurs.

Plan d’action sur la santé mentale

Un Plan d’action européen sur la santé mentale sera soumis au Comité régional pour adoption lors de la présente session. Ce plan met en avant le droit au bien-être mental à tous les âges de la vie, la protection des droits de la personne humaine pour ceux qui souffrent de problèmes mentaux, l’influence positive des services de proximité, et le droit de tous à un traitement respectueux, sans danger et efficace. Lors des discussions, les délégués ont souligné la nécessité de soins de proximité adaptés aux situations locales et les besoins en personnels de santé qualifiés.

Maladies non transmissibles

Le gouvernement du Turkménistan accueillera la Conférence ministérielle européenne de l’OMS sur la prévention et la lutte contre les maladies non transmissibles à Ashgabat, les 3 et 4 décembre 2013. Cette conférence portera sur trois domaines : les maladies non transmissibles dans les politiques de développement et les politiques étrangères, la phase finale de la lutte antitabac et les moyens de surmonter les obstacles liés aux systèmes de santé. La mortalité due aux maladies cardiovasculaires a diminué dans toute la Région européenne au cours des 30 dernières années et le développement économique est un facteur important qui contribue à ce bon résultat. Les discussions ont porté sur le problème du dépistage du cancer et sur la nécessité de faire en sorte que les traitements appropriés soient disponibles une fois les mesures de dépistage mises en œuvre, ainsi que sur le rôle de l’industrie au regard de la lutte contre les facteurs de risques de maladies non transmissibles.

Santé 2020

Cette politique-cadre européenne pour la santé et le bien-être a été adoptée lors de la session du Comité régional de l’an dernier. Il s’agit désormais de mettre en œuvre la stratégie, et l’OMS/Europe élabore un ensemble d’outils et de services pour aider les pays sur des questions telles que la gouvernance et la direction, la surveillance des inégalités et les opérations essentielles de santé publique. Les principales conclusions du rapport sur les déterminants sociaux de la santé et la fracture sanitaire seront examinées lors de la session du Comité régional de cette année. Les délégués ont exprimé leur soutien à Santé 2020 et le besoin d’aide aux fins de l’établissement de partenariats fructueux en matière de gouvernance.

Cadre de suivi et indicateurs de Santé 2020

Suite à l’accord de l’an dernier relatif à la définition de six cibles prioritaires pour Santé 2020, on s’est employé pendant l’année à définir un ensemble d’indicateurs permettant de mesurer le degré de réalisation de ces cibles. Des discussions avec des spécialistes et une consultation des États membres ont permis de recenser 20 indicateurs de base et 17 indicateurs supplémentaires. Lors du processus d’élaboration, l’accent a été mis sur l’importance d’utiliser des indicateurs qui soient disponibles, qui aient déjà régulièrement donné lieu à la transmission d’informations par les États membres, et que ces informations puissent être ventilées par âge, sexe, etc. L’OMS communiquera les moyennes de ces indicateurs à l’échelle de la Région. Les participants ont également attiré l’attention sur le fait que la déclaration des informations devait être faite par des équipes intersectorielles et au niveau local.

Réforme de l’OMS

Ce processus repose sur trois grands axes : les programmes et les priorités, la gouvernance et la réforme de la gestion. Il a été lancé lorsque l’on a pris conscience que le mécanisme de financement de l’organisation était en décalage par rapport aux besoins de celle-ci et aux réalités extérieures. Récemment, des dialogues sur le financement avec les donateurs et les États membres ont été mis en place dans le cadre de ce processus, afin de rendre le financement de l’OMS plus prévisible. Le premier a eu lieu en juin et le prochain aura lieu en novembre de cette année.

Signature d’un accord de collaboration biennal avec l’ex-République yougoslave de Macédoine
Dimanche après-midi, M. Nikola Todorov, ministre de la Santé de l’ex-République yougoslave de Macédoine, et Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, ont signé un accord de collaboration biennal portant sur des domaines de coopération pour les deux prochaines années. L’OMS apportera en particulier un appui technique aux fins de l’élaboration d’un plan sanitaire opérationnel national dans le cadre de Santé 2020, et d’un nouveau plan sanitaire national multisectoriel sur les maladies non transmissibles.

« L’OMS est la source d’expertise en matière de santé la plus fiable à laquelle se réfère le ministère de la Santé », a déclaré M. Todorov. Il a expliqué que le ministère était en train de créer une unité chargée de rationaliser les politiques, lignes directrices et documents de l’OMS au sein des structures sanitaires nationales. Évoquant les autres faits récents au niveau national, le ministre a annoncé que le pays avait cette année mis en place un système électronique d’orientation-recours et de liste d’attente.

Mme Jakab a remercié le ministre pour cette solide collaboration avec l’OMS, et en particulier pour le soutien qu’ont apporté le gouvernement et le ministère de la Santé en accueillant le siège du secrétariat du Réseau-santé de l’Europe du Sud-Est à Skopje, qui a ouvert ses portes en mars de cette année.

L’ex-République yougoslave de Macédoine est le premier État membre de la Région européenne à signer un accord de collaboration biennal avec l’OMS/Europe pour la période 2013–2014.

Réunion d’information à l’intention des organisations non gouvernementales (ONG)
Des représentants de 26 ONG se sont réunis dimanche afin d’examiner l’ordre du jour et de discuter de leur participation à la session du Comité régional. Les déclarations écrites de plusieurs d’entre elles sont disponibles sur Internet.

Comité permanent du Comité régional de l’OMS pour l’Europe

Le vingtième Comité permanent du Comité régional de l’OMS pour l’Europe (CPCR) a tenu sa dernière session le dimanche 15 septembre 2013. Il a examiné l’ordre du jour et le programme provisoires du Comité régional ainsi que d’autres questions de procédure en prévision de la session.

Moments forts de la journée de lundi

  • Allocution du docteur Mehmet Müezzinoğlu, ministre turc de la Santé
  • Discours inaugural de Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe,
  • Débat sur la réforme de l’OMS et ses incidences pour la Région européenne