Troisième journée de l’Assemblée mondiale de la santé : adoption du nouveau Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire

Lors de la troisième journée de la Soixante-neuvième Assemblée mondiale de la santé, les États membres de l'OMS ont entériné l'une des transformations les plus profondes de l'histoire de l'Organisation, en créant un nouveau Programme de gestion des situations d'urgence sanitaire. Ce programme ajoute des capacités opérationnelles en cas de flambées et de situations d'urgence humanitaire afin de compléter le rôle technique et normatif traditionnellement joué par l'Organisation. 

Il est conçu pour apporter un appui rapide, prévisible et complet aux pays et aux communautés qui se préparent à une situation d'urgence due à un risque quelconque pour la santé humaine, qu'il s'agisse d'une flambée épidémique, d'une catastrophe naturelle ou d'origine humaine ou d'un conflit, à ceux qui sont confrontés à une telle situation ou à ceux qui s'en relèvent.

Afin d'assumer ces nouvelles responsabilités, les délégués ont approuvé pour 2016-2017 un budget de 494 millions d'USD pour le programme. Cela représente une hausse de 160 millions par rapport au budget programme existant consacré à l'action de l'OMS lors des situations d'urgence.

Large soutien apporté à la réforme de l'action d'urgence

Les délégués ont salué les progrès accomplis par l'OMS dans l'élaboration du nouveau Programme de gestion des situations d'urgence sanitaire. Lors d'interventions effectuées les 24 et 25 mai 2016, plusieurs représentants de la Région européenne ont exprimé leur soutien à cette initiative. Le délégué arménien a déclaré : « Nous croyons que l'OMS doit continuer à jouer un rôle clé dans l'intervention face aux événements de santé publique de portée internationale, notamment lors des situations d'urgence, car l'Organisation doit non seulement répondre aux besoins humanitaires de la population touchée, mais aussi suivre des approches multidisciplinaires pour résoudre les problèmes sanitaires complexes ».

Les délégués de la Géorgie, de la Hongrie, de la Lituanie, de la République de Moldova et du Turkménistan ont également pris la parole à cet égard. Selon le représentant de la Roumanie, s'exprimant au nom de l'Union européenne lors de la séance plénière organisée le 25 mai, il ressort de la flambée épidémique de maladie à virus Ebola que le monde a besoin d'une OMS forte et capable d'agir en cas de crise sanitaire.

De nombreux thèmes de santé inscrits à l'ordre du jour des discussions

Un groupe de rédaction sur la santé dans le Programme de développement durable à l'horizon 2030 a examiné la question de l'intégration d'une démarche institutionnelle antisexiste et de l'autonomisation dans la résolution préparée à ce sujet. Or, aucun consensus n'a pu être atteint au cours de la séance.

Plusieurs États membres de la Région européenne se sont exprimés sur le Règlement sanitaire international (RSI) (2005), dont l'Allemagne, la Belgique, la Fédération de Russie, la Finlande, la France, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les intervenants ont déclaré que le risque de maladies infectieuses demeurera à un niveau inacceptable tant que le RSI n'est pas entièrement appliqué. Les États membres ont souligné que, pour ce faire, il faudra mettre en place des systèmes de santé nationaux, et/ou les renforcer, en tenant compte du manque de ressources financières et humaines dans certains pays. La plupart des délégués ont appuyé les recommandations du Comité d'examen du RSI.

Parmi les autres thèmes inscrits au programme de la troisième journée, il convient de mentionner la préparation face à la grippe pandémique et le risque accru de ré-émergence de la variole, qui a suscité un échange de points de vue sur la destruction des stocks de virus. La discussion sur les conservatoires de virus variolique a été reportée à l'Assemblée mondiale de la santé de 2019. Le Plan d'action mondial sur la résistance aux antimicrobiens a été mentionné par les délégués de nombreux États membres, qui se sont félicités des progrès accomplis dans sa mise en œuvre, et ont reconnu le travail mené par l'OMS dans ce domaine.

Organisation d'événements parallèles sur l'emploi dans le secteur de la santé et les soins de santé centrés sur la personne

Les travaux de la Commission de haut niveau des Nations Unies sur l'emploi dans le secteur de la santé et la croissance économique ont été examinés lors d'une réunion organisée le 24 mai. Créée en mars 2016, la Commission est chargée d'émettre des recommandations sur la création d'emplois dans les secteurs de la santé et social comme moyen de promouvoir la croissance économique inclusive, une attention particulière étant accordée aux besoins des pays à revenus faible et intermédiaire. La Commission proposera des mesures multisectorielles afin que les investissements consentis à cet égard puissent contribuer à la réalisation de tous les objectifs de développement durable (ODD).

La Commission comprend les membres suivants de la Région européenne : le docteur Vytenis Andriukaitis, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire (Commission européenne) ; M. Hermann Gröhe, ministre fédéral allemand de la Santé ; M. Bent Høie, ministre norvégien de la Santé et des Services de soins ; et le docteur Maris Jesse, directrice de l'Institut national estonien pour le développement de la santé. Elle est coprésidée par M. François Hollande, Président français.

Un événement parallèle organisé par la Slovénie a porté sur l'intégration de la santé publique dans les soins de santé primaires. Les intervenants ont souligné l'importance de la législation sur la santé publique, ainsi que le rôle des politiques intersectorielles dans la réalisation des ODD. La transparence et la responsabilisation sont également nécessaires pour développer le recours aux services de santé dans les pays pauvres. Plusieurs exemples de soins de proximité ont été cités, mettant en lumière l'efficacité de ces services s'agissant de combiner services de santé publique et soins de santé primaires.