Moments forts de la deuxième journée – les mesures intersectorielles

Allocution du docteur Margaret Chan, directeur général de l’OMS 15 septembre 2015, Vilnius (Lituanie)

Pour sa deuxième journée, la soixante-cinquième session du Comité régional consacre ses travaux à la nécessité d'œuvrer dans les différents secteurs pour s'attaquer aux problèmes de santé que connaît le monde interconnecté d'aujourd'hui. Le directeur général de l'OMS invite les États membres à accorder une attention particulière à l'influence exercée par les entreprises lors de l'élaboration des politiques de santé. « Qui détermine réellement les politiques qui façonnent notre santé ? », demande-t-elle.

Allocution du docteur Margaret Chan, directeur général de l'OMS 

Le directeur général note tout d'abord les « résultats spectaculaires » atteints par les objectifs du Millénaire pour le développement dans les domaines de la réduction de la mortalité infantile et de l'amélioration de la santé de la mère. Elle explique que les objectifs de développement durable poursuivront le mouvement engagé en faveur d'une meilleure santé. Le docteur Margaret Chan avertit qu'en revanche, les menaces pesant aujourd'hui sur la santé sont plus vastes et plus complexes qu'il y a quinze ans ; elle exprime également son plein accord avec la déclaration prononcée le 2 septembre par Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe, sur les besoins sanitaires des réfugiés et des migrants. 

Passant en revue les nouveaux problèmes de santé, le docteur Margaret Chan se demande si les pays sont en mesure de légiférer et d'agir pour promouvoir et protéger la santé de leurs citoyens. « Il est plus difficile de protéger nos enfants de la commercialisation des aliments et des boissons néfastes pour la santé que des maladies évitables par la vaccination, estime-t-elle. [...] Tous ces nouveaux efforts rencontrent l'opposition féroce d'acteurs économiques puissants et de leurs groupes de pression, qui sont tout aussi puissants ». Le directeur général prend à témoin les représentants, leur demandant :« Qui détermine réellement les politiques qui façonnent notre santé ? »

En réponse, de nombreux intervenants soulignent l'importance d'accélérer la réforme, pour accroître les capacités de l'OMS à prendre en charge les aspects sanitaires des crises, mises sous une lumière crue par la flambée de la maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest. 

Le directeur général conclut par un avertissement : pour être efficace, l'OMS doit s'appuyer sur les orientations fournies par les États membres pour fixer la priorité de ses actions ; elle remarque que les crises, dont le nombre va croissant, requièrent des solutions politiques, qui ne peuvent être remplacées par des réponses humanitaires.

Rapport du vingt-deuxième Comité permanent du Comité régional de l'Europe (CPCR)

Mme Taru Koivisto, présidente du CPCR et présidente exécutive de la soixante-cinquième session du Comité régional, indique que les cinq sessions ordinaires que le CPCR a tenues en 2014–2015 ont été consacrées à la préparation de la soixante-cinquième session du Comité régional. Un sous-groupe en charge de la mise en œuvre de Santé 2020 a discuté de la nécessité de définir des mesures intersectorielles et de l'importance d'inclure des exemples nationaux de bonnes pratiques. Par ailleurs, un sous-groupe chargé de la gouvernance a réfléchi aux moyens susceptibles d'améliorer la participation des organisations non gouvernementales (ONG) aux sessions du Comité régional, et proposé quatre critères pour la soumission de déclarations au Comité régional, pour approbation.

Le Rapport sur la santé en Europe 2015

Le docteur Claudia Stein, directrice de la Division de l'information, des bases factuelles, de la recherche et de l'innovation, explique l'objectif et les principales conclusions du Rapport sur la santé en Europe 2015,  la publication phare de la Région européenne, qui sera diffusée le 23 septembre 2015. Le rapport montre qu'en dépit des progrès effectués par la Région européenne de l'OMS vers la réalisation des six cibles de Santé 2020 – le cadre politique européen –, un important potentiel d'amélioration demeure, pour effectuer de nouveaux gains en santé et réduire les inégalités. Il est également nécessaire de disposer de nouveaux types de données scientifiques pour présenter une vision claire du bien-être en Europe. La Région européenne de l'OMS a également mis au point une application sur les statistiques sanitaires en Europe, qui offre un meilleur accès aux données de l'OMS et permet de les filtrer.

Les représentants des États membres accueillent le nouveau rapport avec satisfaction, et les intervenants soulignent qu'il est important de tenir compte du contexte culturel de la santé ; ils se félicitent du bon travail effectué par l'Initiative européenne de l'information sanitaire.

Promouvoir les mesures intersectorielles et interagences pour la santé et le bien-être

La directrice régionale présente la question des mesures intersectorielles, qui est au centre d'une série de discussions ministérielles et de débats d'experts pour le reste de la deuxième journée. Bien qu'il s'agisse d'un domaine complexe et exigeant de la formulation et de la pratique politique, l'action intersectorielle est essentielle pour la réalisation des cibles de Santé 2020. L'adoption des objectifs de développement durable mettra à nouveau l'accent sur ce point et mobilisera tous les pays pour qu'ils mettent en place de nouvelles approches de la gouvernance.

Progrès du processus européen Environnement et santé 

« Nous sommes de plus en plus conscients qu'il n'existe pas d'alternative à l'action intersectorielle, si nous voulons atteindre les objectifs ambitieux de Santé 2020 », déclare la directrice régionale au cours de la séance consacrée au rôle fondamental du processus européen Environnement et santé dans l'action intersectorielle. 

Les représentants confirment qu'il est nécessaire de continuer à œuvrer dans tous les secteurs pour appliquer Santé 2020 et s'attaquer aux problèmes des décès et des maladies provoqués par les dangers environnementaux. L'ensemble des pouvoirs publics, y compris au niveau local, doit s'engager vis-à-vis de la santé, car celle-ci dépasse les frontières du secteur de la santé. 

Les États membres appellent à adopter des actions plus fortes sur les sujets prioritaires tels que la pollution de l'air, les produits chimiques et le changement climatique. Ils recommandent d'axer les préparatifs de la sixième Conférence ministérielle sur l'environnement et la santé sur quelques cibles claires et mesurables, de façon à renforcer les engagements.

Débats d'experts sur la santé dans le développement durable et la politique étrangère, les déterminants sociaux de la santé et l'instruction en santé 

Des ministres et des représentants de haut niveau possédant une vaste expérience de ces questions, venus d'Allemagne, Andorre, Bélarus, France, Hongrie, Portugal, Saint-Marin, Slovaquie, Suède et Suisse, partagent leurs expériences et leurs recommandations au cours de débats d'experts. 

Modératrice du débat sur la santé dans le développement durable et la politique étrangère, le professeur Ilona Kickbusch, de l'Institut de hautes études internationales et du développement (Suisse), décrit les relations étroites unissant la politique étrangère et la santé, notamment lors des crises migratoires, en temps de guerre et en termes de commerce, de sécurité sanitaire et de diplomatie scientifique. 

Parmi les thèmes qui émergent du débat figurent le besoin d'une approche plus globale des solutions aux difficultés sanitaires nationales et mondiales, et les liens qu'entretiennent santé, bien-être et prospérité économique. Les stratégies nationales en faveur de la santé sont cruciales pour assurer que la santé demeure une forte priorité des programmes d'action politique. Les experts discutent de l'importance des interactions et de la diffusion des expériences aussi bien que des bonnes pratiques, pour mettre au point des processus adaptés à chaque pays. 

Au cours d'une allocution retransmise par vidéo, le professeur Michael Marmot (Royaume-Uni), qui dirige une étude sur les déterminants sociaux de la santé dans la Région européenne de l'OMS, souligne que  « la santé et l'équité en santé sont un indicateur social, qui nous dit quel est notre degré de réussite dans la réalisation de la société que nous voulons ». 

Le débat d'experts modéré par le docteur Walter Ricciardi, de l'Université catholique du Sacré-Coeur (Italie) et portant sur les déterminants sociaux de la santé et l'instruction en santé, souligne les liens et la cohérence politique avec le secteur de l'éducation et le secteur social. Selon les experts, une approche prenant en compte toutes les étapes de la vie est importante pour pouvoir agir sur les déterminants sociaux de la santé ; celle-ci doit commencer tôt et utiliser des lieux tels que les établissements scolaires pour promouvoir des comportements favorables à la santé. De bons exemples d'action intersectorielle au niveau municipal ou local sont cités ; ils incluent les urbanistes qui œuvrent à rendre les espaces urbains plus ouverts à tous et qui confient la promotion de la santé à des personnes influentes au sein de la population.

Mise en œuvre de Santé 2020 –  l'expérience de la Lituanie et ses réalisations dans ce domaine 

Au cours d'un déjeuner ministériel, Mme Rimantė Šalaševičiūtė, ministre de la Santé, décrit la mise en œuvre du programme de santé lituanien pour 2014–2025 et donne des exemples de mesures intersectorielles impliquant divers ministères : Santé et Éducation ; Transports, Santé et Environnement. Les ministres regardent une vidéo intitulée « Agir ensemble pour la santé et le bien-être en Lituanie ». 

Séance d'information technique sur la pérennité des personnels de santé 

Le professeur James Buchan, associé à l'Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé, explique que la séance d'information entend encourager le débat sur les moyens susceptibles de pérenniser les personnels de santé dans les États membres et la Région, dans le but de soutenir des systèmes de santé plus solides et davantage centrés sur les personnes. Quatre intervenants décrivent ce que signifie pour eux la pérennité des personnels de santé et l'équilibre que les pouvoirs publics doivent selon eux réaliser, entre la nécessité de conserver dans leur pays les personnels de santé qualifiés, et le droit des citoyens à se déplacer librement. 

Le ministre de la Santé d'Albanie reçoit une récompense dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac 

Le directeur général de l'OMS et la directrice régionale de l'OMS pour l'Europe attribuent une récompense à M. Ilir Beqaj pour son action en faveur de la lutte antitabac. Il s'agit de l'une des six récompenses attribuées par la Région européenne en 2015. Zsuzsanna Jakab loue l'action de M. Beqaj, déclarant qu'il « accorde la première place à la santé des personnes et à l'avenir de la société ».

Accord de subvention sur la tuberculose, entre le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et 11 États membres

Onze pays d'Europe orientale et d'Asie centrale ont signé un accord de subvention avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, pour une valeur de 6 millions USD. L'accord de subvention triennal vise à promouvoir la lutte contre la tuberculose, par le renforcement des systèmes de santé, la mise au point de modèles modernes, le financement durable de soins de la tuberculose centrés sur le patient et le plaidoyer en faveur des meilleures pratiques dans la Région.

Moments forts de la troisième journée

  • Stratégie sur l'activité physique pour la Région européenne de l'OMS 2016–2025
  • Feuille de route sur la lutte antitabac dans la Région européenne de l'OMS, 2015–2025
  • Priorités en matière de renforcement des systèmes de santé, 2015–2020
  • Projet de plan d'action sur la tuberculose pour la Région européenne, 2016–2020