1ère journée de la conférence sur l’environnement et la santé : faire le bilan du passé pour transformer l’avenir

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Dans son allocution prononcée à l’ouverture de la Sixième Conférence ministérielle sur l’environnement et la santé, le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, a établi des parallèles entre, d’une part, le passé industriel de la ville accueillant cet événement et sa reconversion moderne et, d’autre part, « l’optique transformatrice du Programme de développement durable ».

Plus de 450 délégués des 53 États membres de la Région européenne de l’OMS, ainsi que des représentants d’organisations internationales et non gouvernementales, se réunissent dans un vieux gazomètre de l’ancienne usine sidérurgique de Dolní Vítkovice à Ostrava (République tchèque) afin de recenser les progrès accomplis et de prioriser les actions à mener à l’avenir sur les risques environnementaux pour la santé.

Séance plénière n° 1. Séance inaugurale

Lors de la séance d’ouverture, Miloslav Ludvík, ministre de la Santé, et Richard Brabec, ministre de l’Environnement de la République tchèque ; Ivo Vondrák, gouverneur de la région de Moravie-Silésie ; Tomáš Macura, maire d’Ostrava ; Marco Keiner, Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-ONU) ; et Ibrahim Thiaw, Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), ont présenté le contexte de la conférence. L’impact de l’environnement sur la santé ne fait aucun doute, tout comme l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Dans la Région européenne de l’OMS, au moins 1,4 million de décès prématurés par an sont imputables à des facteurs de risque environnementaux, la pollution de l’air étant d’ailleurs le facteur de risque le plus important à cet égard. Selon le PNUE, 90 % de la population respire un air vicié, une situation qui entraîne chaque année une perte de revenu équivalente à 225 milliards de dollars des États-Unis. Les produits chimiques et les déchets, comme les 13 millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans les océans, ont tous des incidences négatives sur la santé s’ils ne sont pas gérés de manière sûre.

Dans son allocution d’ouverture, le docteur Jakab a souligné la gravité de l’impact de l’environnement sur la santé, et notamment déclaré : « Nous sommes allés sur la Lune et nous irons bientôt sur Mars, mais nous ne sommes pas à même de garantir l’accès à des toilettes, à du savon et à de l’eau salubre dans toutes les écoles et dans tous les hôpitaux d’Europe ».

Au niveau municipal, après avoir été le centre sidérurgique de la République tchèque, Ostrava est désormais une ville verte promotrice de santé, les espaces verts couvrant d’ailleurs 20 % de son territoire. Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco a souligné, dans un message vidéo, l’importance de protéger la santé face au changement climatique. Une action intersectorielle sera en outre nécessaire pour garantir la santé, protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique.

Plusieurs domaines clés prioritaires orienteront à l’avenir la réalisation des nouveaux objectifs européens en matière d’environnement et de santé, et seront au centre des débats engagés au cours de ces prochains jours, à savoir la pollution de l’air, la sécurité chimique, les villes, le changement climatique, les systèmes de santé durables sur le plan environnemental, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, les déchets et les sites contaminés.

Séance plénière n° 2. Situation et perspectives en matière d’environnement et de santé en Europe : pressions sur la santé et le bien-être et possibilités d’amélioration

Lors de la deuxième séance, M. Andy Haines, professeur de santé publique et de soins primaires à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, a évoqué les liens existant entre, d’une part, les activités humaines et, d’autre part, l’environnement mondial et sa capacité à fournir les services essentiels dont dépend l’existence humaine en cette ère du changement climatique. Il a mis en évidence le rôle des villes pour la santé future de notre planète, ainsi que la durabilité sur le plan intersectoriel, qui est à la base du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

La nécessité d’améliorer l’information à l’adresse du public et des responsables politiques, de sensibiliser la société et de former la prochaine génération de spécialistes de la salubrité environnementale a été soulignée à la fois par l’assistance et par de nombreux experts.

Séance plénière n° 3. Accomplir les tâches inachevées : de bonnes politiques environnementales sont l’outil le plus efficace de la santé publique pour garantir un avenir durable en Europe

La troisième séance fut l’occasion d’évaluer les progrès accomplis depuis la dernière conférence ministérielle organisée en 2010 à Parme (Italie). Le docteur Srđan Matić de l’OMS/Europe a dressé un bilan des avancées réalisées dans ce domaine et plaidé en faveur de la poursuite des interventions. À titre d’exemple, les États membres de la Région européenne de l’OMS mettant actuellement en œuvre leurs contributions prévues déterminées au niveau national pourront éviter entre 128 000 et 138 000 décès. Leurs gains sanitaires équivaudront à 1-2 % de leur produit intérieur brut total annuel d’ici 2030.

Le professeur Gina Radford, médecin-chef adjoint pour le Royaume-Uni, a réitéré l’appel de former davantage de jeunes professionnels, et d’intensifier en outre le suivi des activités et la communication de rapports à leur sujet. Le docteur Eugenia Dogliotti de l’Institut national italien de la santé a indiqué que, si la gestion des déchets s’est en fait améliorée et qu’une plus grande attention est accordée au recyclage, davantage d’études doivent encore être réalisées dans ce domaine afin d’expliquer les corrélations existant entre les expositions environnementales et les résultats sanitaires.

L’Estonie, la Serbie et la Slovaquie ont chacune présenté plusieurs exemples d’actions menées au niveau national sur les principales priorités définies lors de la cinquième conférence ministérielle, notamment en matière de qualité de l’air, de sécurité chimique, d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène dans les écoles.

Des délégués ont mis en évidence, dans leurs interventions, les liens existant entre les déterminants environnementaux et, par conséquent, le besoin d’adopter des approches de « gouvernance intelligente ». Ils ont abordé à cet égard plusieurs problématiques telles que le droit à l’eau et l’assainissement ; la nécessité pour les systèmes de santé d’améliorer leur performance environnementale et de devenir plus durables sur le plan environnemental ; ainsi que l’importance des initiatives et accords internationaux, tels que le Protocole sur l’eau et la santé et le Programme paneuropéen pour les transports, la santé et l’environnement (PPE-TSE), afin de réaliser le programme de développement durable. Davantage d’efforts doivent encore être déployés pour atteindre certains objectifs de la précédente conférence ministérielle, comme l’élimination des maladies liées à l’amiante.

Événements parallèles

Au cours de la matinée, 11 séances parallèles ont été organisées préalablement à la séance plénière d’ouverture. Elles portaient sur divers thèmes, allant du bruit environnemental à l’adaptation au changement climatique. L’événement « Villes et régions : renforcer la résilience environnementale et sociale dans le contexte des bouleversements environnementaux planétaires » a été organisé en partenariat avec le maire de la ville d’Ostrava et le gouverneur de la région de Moravie-Silésie, conjointement avec le Réseau tchèque des Villes-santé, le Comité européen des Régions et le Réseau Régions-santé de l’OMS.

Un autre événement parallèle intitulé « Eau, assainissement, hygiène et santé : lutter contre le manque d’équité », organisé avec la CEE-ONU, la France, la Hongrie et la Serbie, fut l’occasion de présenter plusieurs exemples d’amélioration réussie de l’accès à l’eau et aux services d’assainissement. La séance s’est principalement penchée sur l’amélioration de l’accès en milieu scolaire.