Parallèlement aux Journées européennes du développement, l’OMS et la Commission européenne renforcent leur coopération afin d’aider les pays à parvenir à la couverture sanitaire universelle

Kobus/EC

Le 18 juin 2019, le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement international, M. Neven Mimica, ont signé la prochaine phase du programme de partenariat pour la couverture sanitaire universelle (CSU) pour 2019-2022, d’un montant de 123,75 millions d’euros (135 millions de dollars des États-Unis).

Au cours de la cérémonie de signature, le docteur Tedros a reconnu l’importance des soins de santé primaires « en tant que pierre angulaire de la couverture sanitaire universelle », et a ajouté que « l’OMS n’a pas de priorité plus élevée que la couverture sanitaire universelle … Non seulement cette couverture permettra d’améliorer la santé, mais elle contribuera aussi à réduire la pauvreté, à doper la croissance économique inclusive et à faire progresser l’égalité hommes-femmes ».

Le commissaire Mimica a déclaré : « nous ne pourrons pas atteindre l’objectif de développement durable (ODD) n° 3 en nous concentrant uniquement sur des maladies spécifiques. Nous avons besoin d’une vision plus globale et nous devons nous assurer que l’ensemble du système de santé obtienne le financement dont il a besoin. »

La cérémonie de signature s’est déroulée parallèlement à l’édition annuelle des Journées européennes du développement à Bruxelles (Belgique). Le docteur Tedros et d’autres membres du personnel de l’OMS ont d’ailleurs participé à plusieurs séances organisées dans le cadre de cet événement dont le thème était, cette année, « Réduire les inégalités : construire un monde qui ne laisse personne de côté ».

Rompre le silence sur la santé mentale

Lors de sa visite à Bruxelles, le docteur Tedros a également participé à un dialogue sur la santé mentale avec Sa Majesté la Reine Mathilde de Belgique, défenseure des ODD nommée par le secrétaire général des Nations Unies. Le docteur Tedros a fait remarquer que, même si l’on est de plus en plus conscient de l’importance de la bonne santé mentale, nous sommes loin de répondre au besoin de services de prévention et de soutien. « Afin de promouvoir une meilleure santé mentale, il est essentiel de veiller à ce que les services de santé mentale soient inclus dans les programmes de prestations au titre de la CSU », a-t-il d’ailleurs déclaré. La Reine Mathilde a ajouté : « nous devons accorder davantage d’attention aux problèmes de santé mentale », notant que les personnes atteintes de telles maladies « se heurtent à d’énormes obstacles et que nous devons rompre le silence à ce sujet ».

Inégalités en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs

S’exprimant lors de la séance sur « Les inégalités en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs », organisée conjointement par l’OMS, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Forum parlementaire européen sur les droits en matière de sexualité et de procréation, le docteur Tedros a indiqué que « nous ne pouvons vraiment affirmer que nous avons réalisé la couverture sanitaire universelle si les femmes ne sont pas en mesure de choisir et de contrôler leur santé sexuelle et reproductive ». La directrice exécutive du FNUAP, le docteur Natalia Kanem, et le vice-Premier ministre belge, M. Alexander de Croo, ont également pris la parole à cette occasion.

La CSU a de nouveau été mise en avant comme le meilleur moyen de relever tous ces défis dans les pays, et le docteur Tedros a demandé que la santé sexuelle et reproductive soit prise en compte dans les programmes de prestations afin d’honorer l’engagement de parvenir à la CSU.

Le rôle fondamental des partenariats afin de trouver des solutions innovantes

Lors des Journées européennes du développement, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et Gavi, l’Alliance du vaccin, se sont penchés sur le rôle des partenariats et des innovations dans la lutte contre les inégalités de santé.

Dans son allocution d’ouverture, M. Stefano Manservisi, directeur général de la coopération internationale et du développement international (Commission européenne), a mis en avant l’approche innovante du Plan d’action mondial pour permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous, qui associe les ressources et les compétences de 12 des principales organisations mondiales de la santé et du développement. M. Manservisi a reconnu qu’« une plus grande collaboration entre les acteurs de la santé au niveau mondial est primordiale pour accélérer les ODD, en plaçant la santé au centre du Programme 2030 ».

Dans son intervention, le docteur Jane Ellison, directrice exécutive chargée des relations extérieures et de la gouvernance de l’OMS, a invité les personnes présentes à participer au débat public en ligne sur un ensemble de documents décrivant les moyens de renforcer la collaboration en vue d’aider les pays à accélérer les progrès pour atteindre les cibles des ODD liées à la santé. Ces documents éclaireront la version finale du plan d’action mondial qui sera lancé à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2019.