Il faut que les systèmes de santé réorientent les services pour relever les nouveaux défis

World Health Summit

Le docteur Hans Kluge au Sommet mondial de la santé (Berlin). Photo : Sommet mondial de la santé

Les maladies non transmissibles représentant la principale charge de morbidité dans les pays de la Région européenne de l'OMS, les systèmes de prestation de services doivent par conséquent se centrer davantage sur la personne.

Prenant la parole lors du Sommet mondial de la santé, organisé du 21 au 24 octobre 2012 à Berlin (Allemagne), le docteur Hans Kluge, directeur de la Division des systèmes de santé et de la santé publique à l'OMS/Europe, a expliqué comment certains pays ont adapté leur système de santé pour tenir compte de l'épidémie de maladies non transmissibles et du vieillissement de la population, face à la baisse des taux de croissance des dépenses de santé.

La Lituanie et la République de Moldova, par exemple, ont instauré de nouveaux régimes de financement afin que la diminution des cotisations salariales pour l'assurance maladie donne lieu, en guise de compensation, à des transferts budgétaires généraux. Ainsi les pays peuvent-ils maintenir les services et soutenir les groupes vulnérables qui ne peuvent apporter une contribution financière. La Lettonie a réalisé parallèlement des compressions budgétaires et des réformes structurelles, en accordant la priorité aux soins de santé primaires, à la couverture des médicaments essentiels et aux services ambulatoires spécialisés.

Améliorer l'efficacité est fondamental, a ajouté docteur Kluge, pour réduire les effets néfastes de la crise financière et obtenir le soutien populaire et politique envers les dépenses futures. Parmi les mesures d'efficacité, il convient de mentionner la supression des services non performants et inappropriés, l'encouragement de l'usage rationnel des médicaments et l'affectation de davantage de ressources aux soins de santé primaires et aux soins ambulatoires spécialisés, et moins au profit des hôpitaux.

Entretien sur la crise économique

Au cours d'un entretien diffusé à la télévision nationale allemande après le Sommet, le docteur Kluge a souligné que la maîtrise des coûts des services de santé ne constitue pas la solution. Les pays doivent en fait maintenir les acquis efficaces, et profiter justement de la crise financière pour poursuivre les nécessaires réformes du système. Il importe particulièrement de veiller à ce que les pauvres et les plus vulnérables soient protégés au milieu de ces réformes et ce, conformément aux valeurs sociales inscrites dans la Charte de Tallinn : « des systèmes de santé pour la santé et la prospérité » et dans Santé 2020, la politique européenne pour la santé et le bien-être.