La relance de la croissance économique et la lutte contre le chômage sont aussi de bonnes politiques de la santé

WHO/Melitta Jakab

Lors d’une réunion de haut niveau organisée les 17 et 18 avril 2013 à Oslo (Norvège), des hauts responsables de gouvernement sont parvenus à un large consensus quant aux interventions politiques à mettre en œuvre pour contrer l’impact sanitaire de la crise économique.

Malgré des perspectives macroéconomiques affichant une croissance très faible dans la majorité des pays de la Région européenne de l’OMS, et entraînant des restrictions d’ordre budgétaire et en matière de dépenses de santé, les pouvoirs publics peuvent encore choisir où ils peuvent allouer leurs ressources. Les participants ont déclaré que la priorité devait être accordée aux domaines et aux services favorisant la croissance économique et renforçant la solidarité et l’équité (tels que la santé, le chômage, les prestations sociales et l’éducation). Selon les experts, si l’équilibre budgétaire doit être restauré à moyen terme, cela n’implique pas nécessairement des coupes sombres dans les dépenses sociales et de santé pendant la crise, alors que la demande de ces services augmente.

Les données disponibles indiquent que la crise a exercé un impact négatif sur d’importants résultats sanitaires et déterminants de la santé. En outre, et bien qu’il soit nécessaire d’approfondir l’analyse scientifique et politique à ce sujet, les ministres de la Santé doivent participer aux négociations sur les politiques macroéconomiques, les politiques sociales, voire même sur les mesures d’austérité.

La crise donne l’occasion d’entreprendre des réformes du secteur de la santé

La plupart des pays ont profité de la crise pour mener des réformes qui auraient dû être effectuées depuis longtemps dans le domaine de la politique de la santé, pour améliorer l’efficacité tout en préservant l’équité et en protégeant les populations pauvres et vulnérables. Les participants ont défini les éléments clés de ces réformes, notamment :

  • mettre l’accent sur la prévention des maladies et la promotion de la santé ;
  • renforcer les soins de santé primaires afin d’améliorer la prestation des services ;
  • actualiser les politiques pharmaceutiques afin de prioriser la rentabilité en vue de réduire les inefficacités et d’accroître l’utilisation des médicaments génériques ;
  • rationaliser les programmes de prestation.

Malgré la pression exercée pour introduire et augmenter les frais à la charge du patient dans de nombreux pays, les participants ont estimé que ces mesures draconiennes de la réforme du financement de la santé, pour reprendre leurs mots, sont à la fois inefficaces et inéquitables. Ils ont convenu que d’autres instruments devaient en fait être utilisés, même en temps de crise, et même lorsque les économies sont réalisées à un rythme plus lent.

Formulation de recommandations politiques

L’OMS/Europe a organisé la réunion en vue d’examiner l’impact de la crise économique mondiale sur la santé et les systèmes de santé de la Région, d’analyser les différentes interventions politiques, de procéder à un échange des enseignements acquis, et de convenir des moyens par lesquels les pays peuvent mieux se préparer à l’avenir. L’OMS/Europe consultera les États membres en vue de formuler un ensemble de recommandations stratégiques fondées sur ces discussions. Celles-ci seront soumises pour approbation à la soixante-troisième session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe, en septembre 2013.