Le VIH/sida dans la Région européenne

WHO

Experts reflect on the new WHO guidelines on the use of antiretroviral drugs for treating and preventing HIV infection

Les cas d’infection à VIH continuent d’augmenter en Europe. L’intensification des mesures de prévention et du traitement antirétroviral est essentielle pour lutter efficacement contre l’épidémie.

Selon le dernier rapport de surveillance du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l’OMS/Europe, plus de 131 000 nouveaux cas de VIH ont été signalés dans la Région européenne de l’OMS en 2012, soit 10 000 de plus qu’en 2011. Presque 102 000 de ces nouveaux cas ont été signalés dans les pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, contre un peu plus de 29 000 dans les pays de l’Union européenne et de l’Espace économique européen (UE/EEE).

L’incidence moyenne du VIH dans la partie orientale de la Région (22,0 pour 100 000 habitants) est plus de 3 fois supérieure à celle observée dans la partie occidentale (6,6 pour 100 000 habitants) et 12 fois supérieure à celle observée dans le centre de l’Europe (1,9 pour 100 000 habitants).

Transmission du VIH

Le VIH reste encore fortement concentré chez les populations clés : les hommes ayant des rapports homosexuels ainsi que les personnes en provenance de pays atteints par une épidémie généralisée de VIH dans la partie occidentale de la Région, et les consommateurs de drogue par injection dans la partie orientale. Néanmoins, les données de ces quelques dernières années indiquent une augmentation continue de la transmission hétérosexuelle à l’est. En 2012, celle-ci constituait le principal mode de propagation du virus dans de nombreux pays de la partie orientale, et représentait près de 50 % des cas dans l’ensemble de la Région.

Nouveaux cas de SIDA

Les nouveaux cas annuels de sida ont continué de diminuer dans de nombreux pays de l’ouest et du centre de l’Europe, et d’augmenter dans la partie orientale. Alors que le nombre de cas signalés de sida a baissé de 54 % à l’ouest, les cas nouvellement diagnostiqués ont augmenté à l’est de 113 % entre 2006 et 2012. En 2012, on a observé plus de 3 fois plus de nouveaux cas de sida dans la partie orientale que dans les parties occidentale et centrale.

Un exemple à suivre pour les services de dépistage et de conseil en matière de VIH : le Danemark

Le Danemark teste, traite et conseille les personnes infectées et touchées par le VIH/sida. Selon des estimations, le nombre de personnes vivant avec le VIH oscille entre 5500 et 7500 (la prévalence étant de 0,2 % chez l’adulte).

Tous les services de dépistage du pays effectuent des tests gratuits, anonymes et accessibles à tous. En outre, de nombreuses organisations testent gratuitement les personnes sans papiers résidant au Danemark.

Le dépistage s’accompagne toujours d’un service de conseil préalable et consécutif au dépistage. Si un test rapide s’avère positif, le patient reçoit des conseils et est orienté vers un service de suivi et un traitement appropriés.

Initiative européenne de dépistage et de conseil en matière de VIH

Il importe de promouvoir constamment les services de dépistage et de conseil en matière de VIH et de les rendre accessibles à tous afin de réaliser un diagnostic précoce et de dispenser rapidement les soins et le traitement. L’OMS/Europe soutient l’initiative de l’Union européenne (UE) « Semaine européenne du dépistage du VIH », organisée du 22 au 29 novembre 2013, pour que davantage de personnes prennent connaissance de leur statut VIH, et afin de réduire le nombre de diagnostics tardifs en expliquant les bienfaits du dépistage.

La thérapie antirétrovirale est insuffisante

La multiplication des nouveaux cas d’infection à VIH et de sida en Europe orientale et en Asie centrale est étroitement liée à la couverture insuffisante du dépistage, des mesures de prévention et de la thérapie antirétrovirale. Alors que le nombre de patients recevant cette thérapie a augmenté de 45 % entre 2011 et 2012 (pour atteindre près de 200 000), seulement un tiers environ (35 %) des personnes nécessitant ce traitement en bénéficiaient. Les taux de couverture sont beaucoup plus élevés dans les pays d’Europe occidentale.

De nouvelles lignes directrices pour accroître la couverture thérapeutique

En juin 2013, l’OMS a publié de nouvelles lignes directrices combinées sur l’utilisation de la thérapie antitrétrovirale. Celles-ci exhortent tous les pays à commencer le traitement des adultes vivant avec le VIH lorsque leur numération des CD4 affiche une valeur égale ou inférieure à 500 cellules/mm³, c’est-à-dire lorsque leur système immunitaire est encore solide. Elles remplacent celles de 2010 qui recommandaient l’administration du traitement lorsque la numération des CD4 était égale ou inférieure à 350 cellules/mm³.

L’application des nouvelles lignes directrices permettra à un plus grand nombre de personnes de la Région de prétendre à la thérapie antirétrovirale, préviendra de nouveaux cas de sida et réduira la propagation du VIH. 

L’accès équitable de tous les groupes de population de la Région à la prévention, au dépistage, au traitement et aux soins anti-VIH est essentiel pour atteindre l’objectif mondial de l’accès universel pour tous ceux qui en ont besoin.