Un nouveau rapport de l’OMS/Europe fait la lumière sur la consommation d’antibiotiques en Europe orientale et en Asie centrale

WHO

Un nouveau rapport de l’OMS/Europe présente et analyse les données de surveillance de la consommation de médicaments antimicrobiens collectées entre 2011 et 2014 par le Réseau de consommation des médicaments antimicrobiens (AMC) dans 11 pays non membres de l’Union européenne et au Kosovo*. Le rapport révèle que l’usage de ces médicaments varie considérablement d’un pays à l’autre. Il conclut que les problèmes de santé de la population ne sont pas nécessairement la seule cause des différences constatées, et appelle à la poursuite de l’enquête.

Les données quantitatives constituent un point de départ pour mieux comprendre l’utilisation des antibactériens dans la pratique clinique. D’autres études quantitatives et qualitatives doivent donc être menées dans le secteur des soins primaires et hospitaliers. Les tendances observées dans les données de consommation doivent être interprétées à la lumière des contextes locaux, comme l’évolution de la réglementation au fil du temps (notamment l’application effective des dispositions relatives à la délivrance des médicaments soumis à prescription), les sources de données utilisées pour produire les estimations de la consommation, les profils de résistance locaux, et l’impact potentiel des interventions visant à changer les habitudes et ciblant les professionnels de santé et les consommateurs.

Les types d’antibiotiques utilisés

Le nouveau rapport donne aussi des indications sur les types d’antibiotiques utilisés dans la catégorie des antibactériens à usage systémique (Code ATC (anatomique, thérapeutique, chimique) J01). Les céphalosporines et les quinolones, qui sont considérées comme des antibiotiques de deuxième intention, sont également consommées en grande quantité dans certains des pays couverts par l’enquête. Les pays ont également fait état de niveaux élevés de consommation de formes injectables d’antimicrobiens.

« L’utilisation imprudente des antibiotiques joue un rôle important dans la résistance aux antibiotiques. La collecte et l’analyse systématiques des données au fil du temps sur la consommation d’antimicrobiens nous permettent de recenser les domaines où des améliorations sont nécessaires pour lutter contre l’usage excessif des antibiotiques. La compilation et la diffusion des données du Réseau AMC témoigne de la volonté affichée par les autorités nationales de prendre au sérieux la résistance aux antimicrobiens en tant que problème de santé publique », explique le docteur Hans Kluge, directeur de la Division des systèmes de santé et de la santé publique à l’OMS/Europe.

La centralisation des données de consommation, un exercice essentiel pour cartographier les tendances

La surveillance de la consommation au niveau national permet de fournir des données centralisées qui garantissent l’efficacité des stratégies de lutte contre la consommation d’antimicrobiens et la résistance aux antimicrobiens. Ces efforts sont déployés en coordination étroite avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies afin d’assurer la comparabilité des données, et de dresser un bilan des tendances au niveau paneuropéen.

Le Réseau AMC a été créé en 2011 pour aider les États non membres de l’Union européenne à mettre en place ou à renforcer la surveillance nationale. Les pays participants actuellement au Réseau AMC sont l’Albanie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, le Kirghizistan, le Monténégro, l’Ouzbékistan, la République de Moldova, la Serbie, le Tadjikistan et la Turquie, ainsi que le Kosovo*. Tous ont fourni des données sur la consommation d’antimicrobiens afin de publier ce rapport. Ces dernières ont été collectées  par des experts nationaux et proviennent de sources telles que les registres d’importation et de douane, les registres de ventes et les estimations de la fabrication locale.

La prochaine réunion du Réseau AMC doit avoir lieu les 3 et 4 juillet 2017. L’ensemble des 17 États membres participants et le Kosovo* présenteront à cette occasion les analyses des données collectées à partir de 2015 sur la consommation d’antimicrobiens. Ils examineront également les méthodes de communication des résultats sur la consommation d’antimicrobiens aux cliniciens et autres professionnels de santé.

Pertinence pour les priorités mondiales et européennes en matière de santé

En 2015, les États membres de l’OMS ont adopté le Plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens. La surveillance de la consommation des médicaments antimicrobiens constitue d’ailleurs l’un des principaux éléments de ce plan, et la surveillance de l’usage des médicaments est aussi une activité prioritaire pour l’OMS/Europe. Le renforcement de la collaboration entre les États membres afin d’améliorer l’accès aux médicaments, et d’en garantir la prescription et l’usage responsables, est également inscrit à l’ordre du jour de la soixante-septième session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe, qui se tiendra en septembre 2017 à Budapest (Hongrie).

*Conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies (1999).