Coups d’accélérateur pour des soins de santé primaires efficaces

Centrum Medyczno-Diagnostyczne in Siedlce

La couverture sanitaire universelle – situation idéale dans laquelle toute personne peut avoir accès à des services de santé où et quand elle en a besoin, sans rencontrer de difficultés financières – est une priorité de l’OMS.

Les soins primaires peuvent répondre à plus de 70 % des besoins de santé d’une personne tout au long de sa vie, de la promotion de la santé et de la prévention des maladies au traitement et à la gestion des affections de longue durée. C’est l’un des moyens les plus judicieux d’assurer à tous une bonne santé.

En rapprochant les services de santé du domicile des personnes et en s’associant avec elles pour gérer leurs besoins de santé, les services de santé primaires sont également l’expression d’un souci de la personne dans le cadre des soins.

L’OMS a recensé 10 domaines sur lesquels les pays doivent se concentrer pour rendre leurs systèmes de soins primaires plus efficaces, améliorer les résultats sanitaires et assurer un accès équitable aux services de santé. Cette liste s’appuie sur le volume considérable de données probantes et d’études sur les meilleures pratiques recueillies dans toute la Région européenne de l’OMS.

10 « accélérateurs » pour renforcer les soins de santé primaires

  • Assurer tout l’éventail des services permettant de proposer des soins de la naissance à la vieillesse
  • Créer des conditions permettant aux patients et à leurs soignants de prendre en charge les maladies chroniques
  • Constituer des équipes d’agents de santé multidisciplinaires
  • Investir dans les compétences des généralistes et des infirmiers
  • Intégrer la santé publique et les soins de santé primaires
  • Intégrer les soins de santé primaires et les services sociaux
  • Mettre en place des pôles d’apprentissage dynamiques afin d’améliorer la qualité des soins primaires
  • Donner aux gestionnaires de la santé les moyens de gouverner à l’échelle locale et intersectorielle
  • Moderniser les services et les installations
  • Faire correspondre les responsabilités avec les incitations

Tout au long de l’année 2019, l’OMS/Europe communiquera des exemples de mesures prises par des pays qui ont investi dans ces « accélérateurs ». Pour commencer, nous présentons 2 cas.

Espagne : constitution d’équipes multidisciplinaires pour dispenser les soins primaires

Les services de soins multidisciplinaires tirent le meilleur parti possible de l’éventail de compétences du personnel de santé. Les équipes peuvent comprendre des généralistes, des infirmiers, des travailleurs sociaux, des psychologues, des nutritionnistes, des agents de promotion de la santé, des pharmaciens cliniques, des conseillers en activité physique, des agents de santé communautaires et du personnel d’accueil.

Ces travailleurs de la santé ont des contacts étroits avec les patients et leur famille, élaborent des plans de traitement personnalisés et assument une responsabilité conjointe pour les décisions relatives à la santé des patients.

Depuis l’introduction de ces équipes de soins multiprofessionnelles, la prise en charge des maladies non transmissibles, en particulier du diabète sucré et des maladies pulmonaires obstructives chroniques, n’a cessé de s’améliorer en Espagne.

Ce pays prévoit maintenant d’établir des liens entre ces équipes et les services sociaux et les urgences, ce qui permettra de renforcer encore la prestation de soins centrés sur la personne.

Pologne : investissement dans les compétences des infirmiers

En Pologne, comme ailleurs, les professionnels des soins primaires, y compris les infirmiers, sont les mieux placés pour déceler les facteurs de risque de maladies non transmissibles, guider les patients dans leurs initiatives de prévention et effectuer des tests et des dépistages préventifs, éduquer les patients à la gestion de leur santé et fournir les soins nécessaires pour une population qui vieillit rapidement.

Dans ce contexte, la Pologne s’est, au cours de ces 13 dernières années, mobilisée davantage en faveur des soins de santé primaires et de la main-d’œuvre infirmière en élevant la formation de base aux niveaux universitaire et postuniversitaire, en introduisant la prescription de médicaments à l’initiative des infirmiers, en définissant de nouveaux rôles pour les infirmiers familiaux et infirmiers en soins palliatifs, et en établissant des cabinets dirigés par des infirmiers.

Ces changements ont contribué à améliorer les résultats obtenus en matière de santé et ont également élargi le rôle que jouent les soins primaires en prenant en charge les patients au sein de leur communauté, aussi près que possible de leur domicile.