Le gouvernement grec accueille un large dialogue politique sur la réforme du système de santé

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WHO Regional Director for Europe Dr Zsuzsanna Jakab and Minister of Health of Greece Dr Andreas Xanthos at the policy dialogue held 28-29 March 2017 in Athens.

Le ministère grec de la Santé a organisé, conjointement avec l’OMS/Europe, un dialogue politique sur la réforme de la santé publique les 28 et 29 mars 2017, à Athènes, dans le cadre de l’initiative de renforcement des capacités en vue de la couverture universelle (SCUC). Le dialogue politique visait à susciter une compréhension commune du besoin urgent d’accorder désormais la priorité à la promotion de la santé et à la prévention des maladies, plutôt qu’aux soins curatifs. Il a permis aux participants de recenser les difficultés structurelles auxquelles font face actuellement les services de santé publique, de définir clairement les problèmes de santé publique en rapport avec les réfugiés et les migrants, de dégager un engagement commun envers l’adoption d’approches pangouvernementales et pansociétales, et de convenir de nouveaux principes et priorités en vue d’élaborer un plan stratégique national de santé publique.

Plus de 250 participants ont assisté au dialogue politique et engagé des discussions dynamiques pendant les 2 jours de la réunion. Il s’agissait notamment de représentants de la Commission européenne, du gouvernement grec, du ministère de la Santé, de l’OMS, d’autres ministères et organismes d’État, d’autorités locales, d’associations professionnelles et de patients, d’universitaires et d’organisations non gouvernementales.

La Division de la politique et de la gouvernance pour la santé et le bien-être de l’OMS/Europe a apporté son soutien à cet événement, en collaboration avec la Division des systèmes de santé et de la santé publique.

La réforme jouit d’un soutien politique de haut niveau

La séance d’ouverture du dialogue fut l’occasion d’exprimer un soutien politique ferme et résolu envers les réformes de la santé au plus haut niveau national. Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Santé, le docteur Andreas Xanthos, a mis en évidence le rôle décisif de la santé publique comme garante de la sécurité des citoyens grecs, en les protégeant contre les diverses menaces qui pèsent sur la santé.

Le docteur Xanthos a également évoqué avec passion les déterminants sociaux, financiers et autres grands déterminants de la santé en Grèce. Il a mis en évidence la nécessité, pour reprendre ses propres mots, de « moraliser » le système de santé, d’évoluer vers une prévention plus systématique, non seulement chez les groupes à risque, mais aussi dans la population en général.

Le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, a réaffirmé l’appui de l’OMS au processus de réforme actuellement entrepris en Grèce. Celui-ci vise à induire un changement fondamental dans les politiques de santé du pays afin de parvenir à la couverture sanitaire universelle et de mettre en place un système de santé centré sur la personne. Cette transformation reflète l’esprit des objectifs de développement durable des Nations Unies, et incarne les valeurs et les principes du cadre politique européen de la santé, Santé 2020.

Selon le docteur Jakab, « les intervenants d’autres secteurs que celui de la santé font souvent preuve de scepticisme quand il s’agit d’investir dans la santé, mais je ne cesse de leur expliquer que si le développement économique et social leur tient vraiment à cœur, ils doivent investir dans la santé. En outre, la santé doit constituer une véritable priorité pour les pouvoirs publics, et tous les secteurs doivent collaborer à la mise en œuvre de politiques s’attaquant aux causes profondes des problèmes de santé, à savoir les déterminants sociaux, environnementaux et comportementaux. »

Le docteur Jakab a également souligné l’importance de lutter contre les inégalités de santé, qui s’avèrent coûteuses pour la société et l’économie, et représentent un devoir moral et un impératif économique.

Le docteur Giannis Baskozos, secrétaire général de la santé publique, a planté le décor des séances techniques organisées par la suite en déclarant que « la santé publique constitue l’un des principaux piliers du système de santé, avec les soins de santé primaires et la qualité des services hospitaliers. Si la réforme mise en œuvre est particulièrement audacieuse, elle est néanmoins réalisable », a-t-il ajouté. « Au terme de ces 2 jours de dialogue, nous devrions avoir moins de questions et plus de réponses, moins de réflexions théoriques et plus de solutions pratiques, lesquelles transparaîtront dans notre plan stratégique. »

Résumé des séances techniques : défis et opportunités pour la Grèce aux niveaux mondial et régional

Dans son discours d’introduction aux séances techniques, le docteur Piroska Östlin, directrice de la Division de la politique et de la gouvernance pour la santé et le bien-être de l’OMS/Europe, a évoqué comment le Programme de développement durable à l’horizon 2030 offre une occasion historique à la Grèce d’améliorer la santé et le bien-être de sa population. En accordant la priorité au renforcement des partenariats et à l’adoption d’approches pangouvernementales et pansociétales, a-t-elle expliqué, Santé 2020 sert d’excellent tremplin à l’amélioration de la santé dans le cadre des objectifs de développement durable.

Les séances techniques organisées lors de la première journée du dialogue ont notamment porté sur les principaux défis auxquels doit faire face la Grèce au XXIe siècle en ce qui concerne la santé de sa population et la nécessité d’un nouveau paradigme si la Grèce entend réformer efficacement ses services de santé publique. Des exemples innovateurs d’approches pangouvernementales et pansociétales provenant d’autres pays ont été également présentés à cette occasion. Ces séances ont donné lieu à des discours-programmes, à des exposés, ainsi qu’à des débats avec modérateurs auxquels ont participé des experts locaux et externes et des responsables de l’OMS/Europe, et durant lesquels les participants au dialogue ont eu l’occasion de soulever des commentaires et des questions.

La deuxième journée du dialogue politique a été consacrée au recensement et à l’analyse des principaux défis en matière de santé publique. Des solutions potentielles ont été proposées, ainsi que des moyens de les mettre en œuvre. Des débats ont été organisés dans le cadre de plusieurs groupes de travail animés par des experts locaux et externes, et ont tous fait l’objet d’un résumé lors de la séance plénière finale.

Des débats dynamiques ont été engagés sur certains aspects des réformes, notamment : l’établissement de liens entre les soins de santé primaires et les services de santé publique ; la prévention et la lutte contre les maladies non transmissibles ; les inégalités sociales et la santé publique ; la résistance aux antimicrobiens et les infections nosocomiales ; les urgences de santé publique ; la gestion des vaccins et la vaccination ; la conception de la structure d’un service moderne de santé publique ; le développement des ressources humaines pour la santé publique ; et le financement durable de la santé publique.

Intégrer les migrants dans le système national de santé

Lors de la première journée du dialogue, une séance technique était spécialement consacrée aux questions relatives à la migration et à la santé. En effet, plus de 62 000 réfugiés et migrants sont actuellement présents sur le territoire grec, et il existe un besoin urgent de réformer les soins de santé publique afin d’intégrer efficacement ces populations dans les systèmes de santé nationaux. Les efforts déployés dans ce domaine s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie et [du] plan d’action sur la santé des réfugiés et des migrants dans la Région européenne de l’OMS.

Le dialogue politique a constitué une première étape du processus mis en place par le ministère grec de la Santé afin que la réforme des soins de santé primaires entreprise au niveau national incorpore les services destinés aux réfugiés et aux migrants, en mettant l’accent sur les campagnes de vaccination et les soins préventifs.

Le dialogue a permis de réunir des représentants d’un grand nombre d’institutions gouvernementales et non gouvernementales multisectorielles traitant de la question des réfugiés et des migrants en Grèce, notamment les ministères de la Santé, du Travail, de la Politique d’immigration et de l’Éducation, ainsi que le Centre hellénique de contrôle et de prévention des maladies et le Centre national des activités sanitaires. L’Italie et la Grèce, 2 pays se situant aux avant-postes d’importants mouvements migratoires dans la Région, ont pu également procéder à un échange de données d’expérience dans ce domaine.

Du débat à l’action

Au terme de la réunion, le docteur Hans Kluge, directeur de la Division des systèmes de santé et de la santé publique de l’OMS/Europe, a conclu en rappelant aux participants que des résultats importants ne peuvent être obtenus au niveau de la population que si les services de soins de santé primaires s’accompagnent d’interventions de santé publique permettant d’alléger la charge de morbidité.

Le docteur Kluge a également souligné l’importance de passer des débats à l’action, et a déclaré à cet égard : « Nous disposons de suffisamment d’idées et de ressources afin de formuler un plan stratégique de la santé publique pour la Grèce, et nous sommes convaincus qu’un tel plan sera élaboré et approuvé dans un bref délai. Il ne sera sans doute pas parfait, mais le plus important, c’est de le mettre en œuvre ! »

Le docteur Kluge a enfin mentionné la vieille devise grecque Η ισχύς εν τη Ενώσει : « L’union fait la force ! »

Contexte

L’initiative SCUC est réalisée grâce à un financement de l’Union européenne, par le biais d’un accord de subvention entre la Commission européenne et l’OMS/Europe. L’objectif général est de contribuer à l’amélioration de la santé et de l’équité en santé en Grèce, surtout au sein des groupes de population les plus vulnérables, en aidant les autorités grecques à évoluer vers la couverture sanitaire universelle et à renforcer l’efficacité, l’efficience et la résilience de leur système de santé.