Une nutrition saine à l’école

Katica Antonic Degac

On sait qu’une alimentation saine pendant l’enfance et l’adolescence limite à la fois le risque de connaître des problèmes de santé immédiats dus à la nutrition (obésité et caries dentaires) et celui de souffrir de maladies non transmissibles à un stade ultérieur de la vie (maladies cardiovasculaires, diabète et cancer). L’école offre une occasion de promouvoir une alimentation saine et d’établir des habitudes alimentaires qui pourront être conservées durant toute la vie et communiquées à la société dans son ensemble.

Un certain nombre de tendances inquiétantes chez les enfants contribuent à l’adoption de mauvaises habitudes alimentaires.

  • Les jeunes gens grignotent des en-cas et se passent de petit déjeuner, ce qui devient un problème. Lorsque l’on néglige le petit déjeuner, on augmente sa consommation d’en-cas riches en graisses et en sucres. La consommation d’en-cas va de pair avec une baisse de la consommation de fruits et de légumes chez les enfants d’âge scolaire.
  • L’évolution de la structure familiale et les pressions de plus en plus fortes exercées par les camarades influencent à la fois les habitudes alimentaires, les horaires des repas et le mode de consommation des aliments. Pendant l’enfance et l’adolescence, la dynamique de groupe devient la norme et affecte les attitudes envers la nourriture et le choix des produits. La promotion de saines habitudes alimentaires devrait avoir en point de mire à la fois la sur- et la sous-consommation, et donner la priorité à la nécessité d’adopter une attitude saine par rapport à la nourriture et au bien-être.

L’environnement scolaire fait une différence

Il peut être extrêmement important de s’attacher à prendre des mesures positives dans un certain nombre de domaines clés en milieu scolaire.

  • Un des éléments essentiels pour la promotion de la santé et pour une alimentation saine à l’école est le contexte dans lequel sont pris les repas scolaires. Quelles que soient les modalités suivant lesquelles les écoles fournissent ces repas, ces services devraient être axés sur la mise en place d’un contexte favorisant la consommation d’aliments sains et nutritifs. Les enfants devraient avoir le temps de faire des choix judicieux dans une atmosphère favorable. Les repas devraient être préparés dans le respect de principes directeurs raisonnables et de manière à tirer le meilleur parti possible de leur composition nutritionnelle. Impliquer les enfants dans la préparation peut avoir un effet positif.
  • L’environnement peut se prêter à la création de « clubs de petits déjeuners » qui peuvent être une bonne façon d’inciter les jeunes à prendre plus souvent un petit déjeuner. L’expérience a montré que les « clubs de petits déjeuners » peuvent augmenter la fréquentation scolaire, pousser les enfants à adopter un comportement positif et favoriser la réussite à l’école. Leurs effets pourraient être encore plus importants pour les familles et les quartiers pauvres.
  • Le nombre de distributeurs automatiques devrait être réduit et/ou ils devraient proposer des produits plus sains qui favoriseraient la stratégie sanitaire de toute l’école. Une interdiction complète des aliments responsables de la malbouffe est souhaitable, mais difficile à réaliser à court terme. Par conséquent, il conviendrait de diminuer le coût des produits plus sains et d’encourager leur consommation.
  • Des formules d’abonnement pour la fourniture de fruits, de légumes et de lait via des partenariats avec des agriculteurs et détaillants locaux peuvent encourager la consommation de produits frais locaux et améliorer la valeur nutritionnelle de l’alimentation des enfants. Des programmes subventionnés connaissent un grand succès dans de nombreux pays, en particulier au sein de l’Union européenne où, dans le cadre de programmes nationaux, chaque enfant reçoit un fruit gratuit chaque jour d’école. Jusqu’ici, ces programmes ont été mis sur pied dans 24 pays.
  • Il est important pour les jeunes enfants d’absorber des liquides, et leur accès à l’eau devrait être une priorité. Il faudrait éviter au maximum ou, de préférence, éliminer les boissons gazeuses avec sucre ajouté.

Déploiement de réseaux pour une politique d’Écoles-santé

L’un des moyens par lesquels l’OMS/Europe aide les pays à promouvoir l’alimentation saine et l’activité physique dans les écoles de manière positive et durable est le Réseau européen Écoles-santé. Celui-ci propose des moyens de formation qui introduisent la stratégie de l’école promotrice de la santé comme une nouvelle façon d’élaborer une politique de santé à l’école.

Avec un réseau d’États membres, l’OMS a lancé l’initiative Écoles favorables à la nutrition. Le but de celle-ci est de mettre en place une structure dans laquelle peuvent être conçus des programmes d’intervention en milieu scolaire qui s’attaquent au double fardeau de la mauvaise santé due au mode de nutrition, et de stimuler les liens entre les divers programmes d’intervention en milieu scolaire visant à lutter contre la malnutrition sous toutes ses formes.