De meilleurs soins hospitaliers pour les enfants

WHO

Au Kirghizistan et au Tadjikistan, un projet de l'OMS visant à améliorer la qualité des soins pédiatriques en milieu hospitalier a permis de dispenser de meilleurs soins aux enfants et d'accroître les capacités des hôpitaux. Ce projet pilote, d'une durée de 3 ans, est arrivé à terme en décembre 2014 et a déjà produit des résultats spectaculaires et tangibles.

Avec un financement de la Fédération de Russie et en partenariat avec cette dernière, l'OMS/Europe a soutenu les activités menées dans 10 hôpitaux pilotes de chacun des pays. Chaque hôpital a signalé des améliorations significatives pour tout l'éventail de ses soins pédiatriques et le fonctionnement de l'établissement, comme par exemple la diminution du nombre d'hospitalisations non nécessaires et de procédures pédiatriques injustifiées et douloureuses telles que les piqûres et les perfusions intraveineuses, un raccourcissement des séjours à l'hôpital, une utilisation plus rationnelle des médicaments et d'importantes économies de moyens.

Une amélioration sensible des soins pédiatriques dans les hôpitaux pilotes du Kirghizistan

Une évaluation systématique de l'impact du projet au Kirghizistan a montré qu'après la mise en œuvre du programme, les traitements corrects étaient nettement plus fréquents dans les hôpitaux pilotes que dans les hôpitaux témoins. De même, le nombre d'hospitalisations non nécessaires d'enfants a dégringolé à 13 % dans les hôpitaux pilotes, contre 62 % dans le groupe témoin. Un hôpital a signalé avoir mesuré des économies de 68 % sur une période de 1 an dans 2 départements (soins pédiatriques et maladies infectieuses). Dans 10 hôpitaux, le risque iatrogène (dû à un traitement ou à un conseil médical inadéquat) est passé de 95 % à 14,5 % en un an.

Améliorer les compétences du personnel médical

Les personnels de santé des hôpitaux où il y a eu une intervention ont signalé une amélioration importante de leur capacité à fournir des services adéquats. « Je suis formée dans cet hôpital depuis 40 ans, et maintenant nous offrons un milieu convivial pour les enfants » a affirmé une infirmière. « Ce projet nous a beaucoup aidés : nous avons de nouveaux équipements, nous avons de beaux et nouveaux intérieurs, et lorsque je me rends au travail, cela ressemble à un conte de fées. Maintenant, les enfants n'ont plus peur de nous. »

« Ce projet a permis de réduire les coûts. C'est l'un de ses principaux succès », a commenté un directeur d'hôpital. Cette réussite a été reconnue tant par le personnel que par les patients. Ceux qui y ont pris part ont tous exprimé le sentiment que ce projet a allégé la charge de travail, augmenté la confiance de la population et réduit de façon spectaculaire le nombre de plaintes dans des cas concernant des enfants. 

Tous les niveaux de l'OMS, en étroite collaboration avec des pédiatres de la Fédération de Russie et des représentants du secteur sanitaire du Kirghizistan et du Tadjikistan, sont intervenus pour soutenir la conception, la mise en œuvre et la supervision continue des hôpitaux pilotes et de leur personnel.

Activités menées spécifiquement dans le cadre du projet

L'équipe à la tête du projet a commencé par une évaluation approfondie de la qualité des soins, en déterminant les lacunes et les aspects à améliorer dans chaque hôpital pilote et en élaborant des plans d'action. Des recommandations ont suivi une démarche intégrée d'évaluation des besoins communs et particuliers des hôpitaux.

  • Adapter aux besoins nationaux le livre de poche de l'OMS intitulé « Soins hospitaliers pédiatriques » , qui énonce de manière facilement compréhensible des principes directeurs de l'OMS.
  • Former les médecins et infirmières à l'application de principes directeurs fondés sur des données probantes et encourager le travail d'équipe.
  • Entreprendre des auto-évaluations, dont une enquête sur les droits de l'enfant, et faire participer la direction de l'hôpital, le personnel de santé, les parents et les enfants jusqu'à 18 ans.
  • Rénover les hôpitaux et améliorer les équipements d'importance vitale.
  • Former les directeurs d'hôpitaux et encourager un esprit d'entraide parmi le personnel grâce à des visites de supervision régulières.
  • Réviser les programmes de cours des instituts de médecine pour les formations postuniversitaires et la formation permanente, et améliorer l'enseignement dispensé aux étudiants en médecine et aux collègues sur les principes et directives pour des soins pédiatriques de qualité en hôpital.
  • Former et soutenir les instituts et centres pédiatriques nationaux pour renforcer la viabilité et les capacités à long terme, et les encourager à devenir des centres d'excellence clinique pour leur pays.

Diffusion des résultats et des meilleures pratiques

Ce projet a débouché sur une table ronde réunissant des intervenants clés au Kirghizistan et au Tadjikistan. Ces derniers ont communiqué les résultats finals du projet et convenu de mesures visant à encourager la mise en application des meilleures pratiques dans les autres hôpitaux des deux pays. Ce projet a servi de catalyseur aux partenariats destinés à améliorer la qualité des soins pédiatriques dans les hôpitaux de premier niveau des deux pays, et encouragé la formulation de politiques et la mise au point de mécanismes financiers pour soutenir les travaux.

Lancement de la stratégie européenne de l'OMS pour la santé des enfants et des adolescents 2015-2020 au niveau national

Le projet visant à améliorer la qualité des soins pédiatriques donne l'exemple pour que d'autres États membres de la Région européenne et d'autres pays du monde mettent en œuvre des programmes semblables, qui améliorent systématiquement les soins prodigués aux enfants dans les hôpitaux et les processus de formation des personnels de santé. L'OMS/Europe œuvrera pour que ce programme initial réussi soit développé dans les deux pays et étendu à d'autres pays au sein de la Région européenne. 

Ce projet est un exemple de mise en œuvre de la stratégie européenne de l'OMS pour la santé des enfants et des adolescents 2015-2020 dans les pays. Cette stratégie soutient les pays qui ne sont pas encore en voie d'atteindre les cibles de l'objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatives à la mortalité du nourrisson et de l'enfant et d'alléger le fardeau des maladies et de la mortalité évitables.