Les mères allaitantes ont besoin des conseils d'autres mères

WHO/Alberta Bacci

Mother breastfeeding newborn

La Région européenne de l'OMS enregistre l'une des moyennes les plus faibles au monde en ce qui concerne les enfants exclusivement nourris au sein jusqu'à l'âge de six mois. Des données scientifiques irréfutables prouvent qu'un allaitement exclusivement maternel est la méthode la plus efficace – et naturelle – pour assurer à l'enfant une croissance et un développement optimaux.

Le thème de la Semaine mondiale de l'allaitement maternel (du 1er au 7 août 2013) est « Soutenir l'allaitement aux côtés des mères ». Quoique les mères puissent prendre un bon départ, les taux d'allaitement maternel baissent fortement au fil du temps. Le pourcentage des enfants exclusivement nourris au sein à l'âge de 3 mois était de 50 % ou moins dans 24 pays de la Région européenne sur les 36 qui ont participé à des enquêtes nationales en 2005-2010. Un seul pays de la Région enregistrait un taux d'allaitement exclusivement maternel de plus de 50 % pour les nourrissons de 6 mois.

Le rôle du soutien de la communauté

Lorsque les mères espacent leurs passages dans des établissements de santé, les systèmes de soutien par la communauté deviennent essentiels pour prolonger l'allaitement maternel. Traditionnellement, l'aide vient de la famille, mais l'urbanisation croissante entraîne un élargissement des systèmes de soutien jusqu'à inclure des amis, des employeurs, des travailleurs de la santé dûment formés, des consultants en allaitement et des dirigeants de la collectivité. Leur aide peut prendre les formes suivantes :

  • Les pères peuvent atténuer le stress des mères en accomplissant des tâches ménagères ou en s'occupant des bébés (en donnant le bain, en changeant les couches, en les promenant, etc.).
  • Les enfants et les membres de la famille élargie peuvent apporter un soutien émotionnel et une aide ménagère concrète.
  • Les employeurs peuvent accorder un congé de maternité et prévoir des espaces réservés à l'allaitement et au stockage de lait sur les lieux de travail.
  • Les travailleurs de la santé peuvent mettre les jeunes mères en contact avec d'autres mères qui les conseilleront pour gérer des problèmes tels que le manque de lait ou les douleurs aux mamelons.

Étant donné que l'allaitement au sein est important à la fois pour la santé de la mère et de l'enfant, l'OMS recommande que les mères commencent à allaiter dans l'heure qui suit la naissance et allaitent exclusivement au sein durant les 6 premiers mois, afin d'optimiser la croissance, le développement et la santé du nourrisson. En outre, les aliments complémentaires devraient être introduits en temps utile, après 6 mois, et l'allaitement maternel devrait se poursuivre jusqu'à 2 ans ou au-delà.

Les bienfaits de l'allaitement pour les mères

L'allaitement exclusivement maternel profite aux mères, car il agit comme une méthode de contraception naturelle, assurant une protection pouvant atteindre les 98 % dans les 6 premiers mois après la naissance. Il aide également les femmes à perdre plus facilement les kilos accumulés pendant leur grossesse et réduit les taux d'obésité. Par ailleurs, d'après la recherche, les femmes qui allaitent seraient moins susceptibles de contracter un cancer du sein ou de l'ovaire, et courent moins de risques de souffrir d'ostéoporose et de maladies coronariennes.

Les femmes arrêtent souvent d'allaiter parce qu'elles doivent retourner travailler. Des analyses comparatives à l'échelle mondiale montrent que c'est dans les pays où la législation garantit le droit à des pauses pour allaiter au travail que l'on trouve les pourcentages les plus élevés de femmes qui pratiquent un allaitement exclusivement maternel. Ainsi, les politiques menées sur le lieu de travail sont d'une importance capitale pour aider les mères à allaiter longtemps.

Faire reculer la mortalité infantile

Le lait maternel apporte aux nourrissons non seulement les nutriments nécessaires pour un bon développement, mais aussi les anticorps qui permettent de lutter contre des maladies comme la diarrhée et la pneumonie, deux grandes causes de mortalité infantile. Les préparations pour nourrissons ne fournissent pas cette immunité.

Chaque année, dans la Région européenne, plus de 155 000 enfants meurent avant l'âge de 5 ans, dont 19 % à cause d'une pneumonie ou d'une diarrhée. En avril 2013, l'OMS et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont lancé le Plan d’action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée, un appel en faveur d'une meilleure coordination des efforts de prévention et de traitement. Étant donné que l'allaitement maternel est bénéfique pour le système immunitaire des nourrissons, une augmentation du pourcentage de mères allaitantes ou de la durée d'allaitement permettrait de concrétiser l'objectif du Plan d'action, à savoir réduire la mortalité infantile.

Les efforts de l’OMS

Le 5 juillet 2013, les États membres européens ont signé la Déclaration de Vienne sur la nutrition et les maladies non transmissibles dans le contexte de Santé 2020. Ses politiques visant à améliorer l'alimentation tout au long de la vie portent également sur le soutien et la promotion de l'allaitement maternel.
En 1992, l'OMS et l'UNICEF ont lancé l'initiative Hôpitaux amis des bébés, afin d'apporter un soutien aux mères et aux nouveau-nés et d'améliorer les soins qui leur sont prodigués. Cette initiative a entraîné l'aménagement d'infrastructures « bébés admis » dans plus de 150 pays à travers le monde. En 2002, les États membres de l'OMS ont approuvé la Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, qui sert de guide pratique. L'un des objectifs de cette stratégie est d'instaurer des environnements qui permettent aux mères, à d'autres membres de la famille et à d'autres aidants de faire des choix éclairés sur les meilleures pratiques en matière d'alimentation des nourrissons, et de mettre en œuvre ces choix.

Au mois de mai 2012, les États membres de l'OMS ont donné à la Stratégie mondiale une impulsion supplémentaire en approuvant un plan de mise en œuvre exhaustif pour la nutrition de la mère, du nourrisson et du jeune enfant. L'un des six objectifs de ce plan est qu'en 2025, au moins 50 % des bébés âgés de moins de 6 mois soient exclusivement nourris au sein. La seule manière d'aller de l'avant est d'analyser les obstacles et d'élaborer des plans d'action pour les surmonter.