La santé sexuelle à tous les stades de la vie

iStockphoto

La sexualité et les expériences sexuelles font partie du quotidien de chacun, et impliquent divers besoins et conséquences à différents stades.

La disponibilité d’un soutien pour tous, notamment pour les groupes marginalisés, est par conséquent essentielle. Il ne s’agit pas seulement de procurer des connaissances, des compétences et des valeurs aux jeunes, mais aussi de s’assurer que tous les groupes d’âge (en commençant par les adolescents) ont accès à des informations factuelles et à des services de santé.

Le dernier numéro d’« Entre Nous », le magazine européen de la santé sexuelle et génésique, analyse les progrès réalisés en matière de santé sexuelle dans la Région européenne de l’OMS et chez certains groupes spécifiques, notamment les adolescents, les personnes âgées, les migrants, les personnes vivant avec le VIH ainsi que les handicapés.

Éducation sexuelle

En substance, la santé sexuelle des jeunes s’est améliorée au cours de ces dernières décennies. Davantage d’efforts doivent cependant être consentis pour améliorer l’éducation sexuelle auprès des jeunes en leur inculquant une attitude positive et responsable envers la sexualité à l’adolescence. Ainsi pourra-t-on jeter les bases du bien-être sexuel susceptible de se poursuivre pendant les années de procréation jusqu’à un âge avancé.

Traditionnellement, l’éducation sexuelle met l’accent sur les risques potentiels, tels que les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles. Or, cette approche ne permet pas aux jeunes d’acquérir les informations et les compétences dont ils ont besoin.

L’OMS encourage une démarche plus holistique, à savoir fournir aux jeunes des informations scientifiquement exactes et impartiales sur les différents aspects de la sexualité, tout en les aidant à s’octroyer les valeurs, les attitudes et les compétences nécessaires pour déterminer leur propre sexualité ainsi que leurs relations à divers stades de leur existence. Ainsi les jeunes peuvent-ils vivre leur sexualité et leur couple d’une manière satisfaisante et responsable.

L’OMS/Europe et le Centre fédéral allemand d’éducation sanitaire (BZgA) ont publié un document intitulé Standards for sexuality education in Europe – a framework for policy-makers, educational and health authorities and specialists (Normes pour l’éducation sexuelle en Europe – un cadre pour les responsables politiques et les autorités et spécialistes de l’éducation et de la santé (en anglais et en russe). Plusieurs pays ont déjà traduit et mis en œuvre ces normes.

Le terme sexualité englobe un large éventail de concepts : les émotions, les relations et le corps humain, ainsi que la définition populaire et restreinte de l’activité sexuelle.

La santé sexuelle des personnes âgées

Bien que la fonction et l’activité sexuelles puissent diminuer au gré du vieillissement, la sexualité des personnes âgées est de plus en plus reconnue, et les attitudes envers le sexe et le vieillissement sont en évolution. Selon une étude réalisée à ce sujet en Europe, presque la moitié des hommes âgés de plus de 70 ans déclarent avoir des relations sexuelles au moins une fois par semaine. Des recherches menées en Suède révèlent une augmentation de la quantité et de la qualité des expériences sexuelles chez les personnes âgées par rapport aux générations antérieures.

Malgré cela, les études indiquent aussi que les services de soins de santé doivent évoluer à cet égard. Selon les résultats d’une analyse effectuée au Royaume-Uni, par exemple, les médecins généralistes ont souvent considéré que la santé sexuelle n’était pas un sujet de discussion légitime avec les groupes plus âgés. Cependant, dans une étude menée spécifiquement sur les personnes âgées au Royaume-Uni, 32 % des femmes et 86 % des hommes d’un âge moyen de 81 ans estiment que les médecins devraient engager des discussions sur la fonction sexuelle.

20e Congrès mondial sur la santé sexuelle

L’OMS/Europe a présenté ses activités dans ce domaine à l’occasion du 20e Congrès mondial sur la santé sexuelle, tenu à Glasgow (Royaume-Uni) du 12 au 16 juin 2011. Le Congrès a permis à l’OMS d’évaluer ses réussites et ses échecs, et de s’allier aux professionnels et à d’autres organisations non gouvernementales dans la promotion de la santé sexuelle. Plus d’un millier de participants ont exprimé leur intérêt pour les politiques et les outils de l’OMS, tout en proposant des moyens d’améliorer son aide aux pays, comme l’établissement d’un lien entre la santé sexuelle et les maladies non transmissibles.

Le Congrès visait à faire avancer la cause de la santé sexuelle, des droits sexuels et de l’éducation sexuelle universelle. L’événement était organisé par l’Association mondiale pour la santé sexuelle. Cette dernière, ainsi que la Fédération européenne de sexologie, sont des partenaires actifs de l’OMS dans la promotion de la santé sexuelle pour l’ensemble de la population, pendant toute la durée de l’existence et indépendamment des circonstances sociales ou personnelles. Des éducateurs en matière de sexualité, des conseillers en sexualité et santé sexuelle, des personnes actives dans la promotion de la santé sexuelle, des thérapeutes et des psychothérapeutes sexuels et relationnels, des cliniciens tels que des infirmiers et d’autres professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des sexologues médico-légaux y ont notamment participé.