Quelle est l'utilité des données de l'enquête ?

D'un point de vue académique, l'enquête HBSC a apporté une importante contribution à la littérature spécialisée dans ce domaine, et donné lieu à un développement théorique et méthodologique. On a assisté à une multiplication exponentielle du nombre de publications produites par le réseau de coordinateurs nationaux créés dans le cadre des études menées. Sa contribution en termes de recherche comparative, à savoir la recherche qui permet de comparer la santé des jeunes de différents pays, est particulièrement marquante.

Nous nous adressons également à un public non universitaire, aux niveaux national et international. Sur le plan national, nous avons établi une solide collaboration avec des intervenants de différents secteurs. Les responsables politiques gouvernementaux et les organismes chargés d'améliorer la santé utilisent également les documents d'informations que nous publions.

Des éléments de preuve à l’action

Nous savons que ces documents, ainsi que d'autres bases factuelles, ont favorisé le déploiement d'interventions. Par exemple, notre travail a permis de mettre en exergue le faible niveau constant d'activité physique chez les adolescentes écossaises, une situation que ne s'est pas vraiment améliorée au cours des décennies. Pratiquement toutes les écoles d'Écosse ont par conséquent mis en œuvre le programme « Fit for Girls ». Il s'agit d'une initiative hautement interactive, faisant participer les filles et les habilitant à exprimer leur opinion quant aux programmes élaborés à l'école, notamment en termes de choix en matière d'éducation physique.

Les taux élevés d'intimidation observés au Danemark constituent un autre exemple à cet égard. Ce phénomène a d'ailleurs fait l'objet de nombreux commentaires. On a mis en place un processus de collecte de données à cet égard. On s'est fixé pour but de lutter contre ce fléau, et la situation s'est améliorée.

On a observé un impact particulièrement important dans certains pays d'Europe orientale dont c'était la première enquête de ce genre, et qui ne disposaient pas auparavant de données comparables au niveau national. Les résultats nous réservent habituellement des surprises qui nous permettent en réalité de situer les principaux problèmes notables.

Sur le plan international, l'enquête HBSC a été utilisée par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) afin de classer les pays en fonction du niveau de bien-être des enfants. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a également utilisé les données dans ses rapports intitulés « Assurer le bien-être des enfants » et « Assurer le bien-être des familles ». Ces rapports hautement visibles permettent de faire pression sur les pouvoirs publics afin que ces derniers prennent les mesures qui s'imposent.