AIDS 2012 : progression de l'épidémie de VIH en Europe orientale et en Asie centrale

IAS/Ryan Rayburn

Discours du docteur Martin Donoghoe à la session régionale de la XIXe Conférence internationale sur le sida (AIDS 2012), Washington, D.C, États-Unis. Photo: IAS/Ryan Rayburn

Des représentants du monde entier se sont réunis cette semaine à Washington (États-Unis) à l'occasion d'une session spéciale de la XIXe Conférence internationale sur le sida (AIDS 2012) afin de mettre en lumière les principaux défis liés à la progression du VIH en Europe orientale et en Asie centrale, ainsi que les solutions à ce problème.

Bien que le VIH se stabilise et soit en recul au niveau mondial, l'épidémie continue de croître à un taux accéléré et alarmant dans les pays d'Europe orientale et d'Asie centrale. Un expert de l'OMS/Europe a présenté, aux participants à la Conférence, la dure réalité de l'épidémie de VIH dans la Région européenne de l'OMS, au nom d'un groupe de travail régional. Les derniers chiffres révèlent en effet que 1,5 million de personnes en Europe orientale et en Asie centrale vivent avec le VIH, soit 3,5 fois plus qu'en 2001 (410 000) et plus de 10 fois plus qu'en 1991.

L'expert (Martin Donoghoe, chef de programme pour le VIH/sida, les maladies sexuellement transmissibles et l’hépatite virale) a indiqué que seulement 23 % des personnes nécessitant un traitement reçoivent une thérapie antirétrovirale : « Les Africains vivant avec le VIH sont plus susceptibles d'obtenir des médicaments antirétroviraux que les citoyens d'Europe orientale et d'Asie centrale. Le traitement ne suit pas le rythme des nouvelles infections, et le sida ainsi que la mortalité due à cette maladie continuent de progresser. »

Risques accrus pour les groupes socialement marginalisés

Le VIH touche de façon disproportionnée les groupes socialement marginalisés et les personnes au comportement socialement stigmatisé ou pénalisé : les toxicomanes par voie intraveineuse et leurs partenaires sexuels, les hommes ayant des rapports homosexuels, les travailleurs du sexe, les personnes incarcérées et les migrants. Ils n'ont souvent pas accès aux services de prévention, de diagnostic et de traitement du VIH. Lorsque ces services existent, ils sont cependant limités et mal intégrés aux autres services de santé.

La tuberculose et les maladies du foie au stade terminal causées par l'infection à l'hépatite virale C figurent parmi les principales causes de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH/sida, en particulier les toxicomanes.

Bien que les dépenses mondiales consenties au VIH soient en augmentation, les problèmes de l'Europe orientale et de l'Asie centrale se résument notamment à une dépendance excessive à l'égard des fonds internationaux et à un investissement insuffisant dans des programmes destinés aux populations clés à haut risque.

Un engagement politique ferme est essentiel

Compte tenu de ces faits, un comité constitué de personnalités politiques, de spécialistes de la prévention et du traitement du VIH, et de militants de toute la Région ont débattu des questions et proposé des solutions.

Michel Kazatchkine, récemment nommé envoyé spécial pour le VIH/sida en Europe orientale et en Asie centrale par le secrétaire général des Nations Unies, a présidé le comité. « Gardons un sentiment d'urgence. Il y a tellement de vies en jeu, » a-t-il déclaré. « Il est en effet inadmissible que l'épidémie continue de croître dans la Région, alors qu'elle est en recul partout dans le monde, et que 23 % des patients nécessitant une thérapie peuvent y accéder lorsque ces chiffres dépassent 50 % au niveau mondial. Il est temps de se mobiliser de nouveau contre l'épidémie dans la Région, et d'inverser ces tendances. »

Sandra Elizabeth Roelofs, Première dame de Géorgie et ambassadrice de bonne volonté de l'OMS/Europe pour les objectifs du Millénaire pour le développement en rapport avec la santé, et Hanno Pevkur, ministre estonien des Affaires sociales, ont utilisé des exemples de leurs pays afin de montrer comment, avec une forte volonté politique, on peut trouver des solutions face à l'épidémie de VIH.

Des militants anti-VIH de la Fédération de Russie et d'Ukraine ont expliqué comment, en dépit des défis confrontés par la Région, les organisations et réseaux paneuropéens luttent contre la vulnérabilité et la marginalisation des populations clés à risque plus élevé de VIH. En outre, des spécialistes du traitement et de la prévention de la Fédération de Russie et du Kirghizistan ont évoqué la baisse des taux de transmission de la mère à l'enfant dans leur pays.