Vulnérabilité face à l’épidémie de VIH/sida en Europe

WHO/Piotr Malecki

Dans de nombreuses parties du monde, les toxicomanes sont toujours traités comme des criminels et se voient refuser l’accès à des soins médicaux et à une aide sociale.

Le directeur du Centre pour les assuétudes de Vilnius (Lituanie)

Certains groupes clés de la population sont plus vulnérables à l’infection à VIH et ont un accès moins facile aux services de dépistage, de conseil, de traitement et de soins. Il s’agit notamment des consommateurs de drogues par injection, des hommes ayant des rapports homosexuels, des travailleurs du sexe, des migrants, des détenus et des personnes transsexuelles.

Les efforts de lutte contre l’épidémie de VIH devraient être focalisés sur la mise en place d’un environnement favorable et la gestion des déterminants sociaux de la santé.

La réduction de la vulnérabilité et la suppression des obstacles structurels à l’accès aux services constituent la quatrième orientation stratégique du Plan d’action européen en matière de VIH/sida 2012-2015, adopté par les États membres en 2011.

Des progrès dans la lutte contre la vulnérabilité et pour l’accès aux services concernant le VIH

Sur 28 pays européens, 13 (soit 46 %) ont signalé que certaines de leurs lois, réglementations ou politiques entravaient l’efficacité de la prévention, du traitement, des soins et du soutien face au VIH pour les populations clés et autres groupes vulnérables.

La plupart des États membres ont fait des progrès dans la lutte contre la vulnérabilité : par exemple, en abordant explicitement ou en reflétant les droits humains dans les stratégies nationales de lutte contre le sida et en consultant et en faisant participer la société civile au processus décisionnel et à la formulation de politiques sur le VIH et l’hépatite virale.

Dans la plupart des pays, la société civile est associée, à des degrés divers, à la planification et à la budgétisation de plans stratégiques nationaux.

Le soutien de l’OMS aux pays européens

L’OMS/Europe aide les États membres à lutter contre la vulnérabilité et à lever les barrières structurelles :

  • en travaillant, en étroite collaboration avec la société civile, au suivi d’aspects tels que les ruptures de stock de médicaments contre le VIH, le dépistage du VIH et les pratiques en matière de conseil et réactions aux programmes, et en formulant des conseils sur divers thèmes ;
  • en réagissant aux tentatives d’élargissement des politiques et pratiques pour le dépistage obligatoire du VIH et en maintenant son opposition au dépistage obligatoire ;
  • en s’opposant aux lois et pratiques qui constituent des obstacles à l’accès à la prévention et au traitement, et qui ont pour effet de marginaliser et de criminaliser des populations clés ;
  • en participant à une étude systématique pour déterminer et synthétiser les estimations de la prévalence et les facteurs de risque chez les consommateurs de drogues par injection. Dans le cadre de cette étude, il a été constaté que le contact avec des organes répressifs et avec l’environnement judiciaire est associé à un risque d’infection à VIH ; 
  • en plaidant pour la promotion et la mise en œuvre de politiques et de pratiques en matière de lutte contre le VIH fondées sur des bases factuelles et sur les droits humains, et en apportant son aide dans ce domaine.

En juillet 2014, l’OMS a publié de nouvelles recommandations insistant sur la nécessité d’améliorer l’accès des populations clés aux services de lutte contre le VIH. La publication intitulée « Consolidated guidelines on HIV prevention, diagnosis, treatment and care for key populations » (Principes directeurs consolidés en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de soins contre le VIH pour des populations clés) décrit les démarches à entreprendre par les pays pour diminuer le nombre de nouvelles infections et améliorer l’accès aux services pour 5 groupes de population clés : les hommes ayant des rapports homosexuels, les personnes incarcérées, les toxicomanes par voie intraveineuse, les travailleurs du sexe et les personnes transsexuelles.

Un rapport de situation pour le Comité régional en 2014

En 2011, le Comité régional de l’OMS pour l’Europe a adopté le Plan d’action européen en matière de VIH/sida 2012-2015, et demandé à la directrice régionale de l’OMS pour l’Europe de faire rapport sur sa mise en œuvre lors de la session de 2014. Ce rapport fera état des progrès réalisés et des défis qu’il reste à relever.