L’OMS envoie une mission en Israël suite à la détection du poliovirus sauvage dans les eaux usées

À la demande des autorités sanitaires israéliennes, une équipe d’experts internationaux de la poliomyélite, coordonnée par l’OMS, a achevé une mission de cinq jours en Israël le 26 juin 2013. L’équipe a évalué les risques et recommandé la prise de mesures suite à la détection du poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) dans les eaux usées du District sud du pays. Aucun cas de poliomyélite paralytique n’a été dépisté.

Suite à la mission, une campagne de vaccination supplémentaire est prévue afin d’inoculer le vaccin antipoliomyélitique oral, même si Israël continue de maintenir un niveau élevé de couverture vaccinale et d’immunité contre la poliomyélite dans sa population. La décision de lancer la campagne témoigne à la fois de l’ampleur estimée de la circulation du virus et de l’engagement des autorités israéliennes envers l’interruption de la transmission du virus aussi rapidement que possible.

Le virus a été isolé à l’origine dans des échantillons d’eaux usées prélevés à Beer-Sheva en février 2013. Depuis, il a été isolé dans d’autres échantillons prélevés à divers endroits, le plus récemment au début du mois de juin. Le séquençage génétique et les investigations épidémiologiques ont permis de conclure que le virus est du génotype sud-asiatique, et qu’il n’est pas lié au virus touchant actuellement la Corne de l’Afrique. Des experts de l’OMS collaborent avec des scientifiques du laboratoire national israélien de la poliomyélite afin de mieux comprendre les origines du virus.

Israël a systématiquement procédé au prélèvement d’échantillons environnementaux depuis de nombreuses années, et le virus a été détecté grâce à cette vigilance. Les autorités de santé publique continuent de suivre attentivement la situation, et des mesures ont été prises pour accroître la surveillance et la notification d’éventuels cas humains, quel que soit l’âge.

L’objectif de la campagne de vaccination supplémentaire est de protéger les enfants du pays qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas été systématiquement vaccinés. Dans les régions du sud, des évaluations sont réalisées sur des sujets adultes, et ceux que l’on soupçonne d’être sensibles sont par conséquent vaccinés.

La ministre israélienne de la Santé, Mme Yael German, et le directeur général du ministère de la Santé, le docteur Ronni Gamzu, se sont félicités de la mission lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 26 juin, et ont fait l’éloge de l’équipe pour son professionnalisme et son soutien.

Le docteur Dina Pfeifer, chef du programme des maladies évitables par vaccin et de vaccination à l’OMS/Europe, a manifesté sa gratitude aux autorités israéliennes de santé publique qui s’est engagée à coopérer avec la mission menée par l’OMS : « Nous avons examiné les éléments de preuve et les mesures qui ont été prises à ce jour. Nous sommes reconnaissants au gouvernement israélien pour son ouverture et sa transparence, et sommes pleinement engagés à soutenir ses efforts. »

Israël et la poliomyélite

Israël est exempt de transmission autochtone de PVS depuis 25 ans, les derniers cas de poliomyélite paralytique remontant à 1988. À l’époque, les autorités ont lancé une campagne de vaccination de masse en vue d’inoculer le vaccin antipoliomyélitique oral aux personnes âgées de 0 à 40 ans.

Risque et préparation

Compte tenu des niveaux élevés d’immunité dans la population et des suites données sur une base continue en cas de dépistage du PVS dans l’environnement, l’OMS évalue le risque de propagation internationale de cette souche de virus depuis Israël comme modéré. Les bureaux régionaux de l’OMS concernés travaillent en étroite collaboration pour assurer une riposte coordonnée dans la région et les États membres voisins.

Néanmoins, il est important que tous les pays, en particulier ceux qui sont fréquemment en contact avec d’autres où sévit la poliomyélite, renforcent la surveillance des cas de paralysie flasque aigüe, afin de détecter rapidement toute nouvelle importation de poliovirus et d’agir en conséquence.

Les pays devraient également analyser les données sur la couverture de la vaccination systématique pour recenser tout groupe sensible dans la population. De telles informations peuvent orienter les campagnes de rattrapage et ainsi réduire le plus possible les effets de toute nouvelle introduction du poliovirus. Il convient de donner la priorité aux zones à haut risque d’importation et à celles où la couverture vaccinale est inférieure à 80 %.

Les informations de l’OMS relatives aux voyages internationaux et à la santé recommandent à tous les voyageurs à destination ou en provenance des zones touchées d’être entièrement vaccinés contre la poliomyélite. La transmission autochtone du PVS reste endémique dans trois pays : l’Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan. En outre, la Corne de l’Afrique est touchée par une flambée de PVS, avec 31 cas confirmés au Kenya et en Somalie.