Traitement sous observation vidéo pour mieux soigner les patients tuberculeux en Fédération de Russie

Afin d’aider les patients tuberculeux à suivre un schéma thérapeutique très éprouvant et à prendre régulièrement leurs médicaments, l’OMS recommande que l’administration de ces médicaments soit observée, en personne, par un agent de santé. Or, cette pratique nécessite un contact direct et quotidien sur les lieux de soins qui peut s’avérer problématique pour les patients comme pour les prestataires de services de santé. Les technologies numériques, telles que le traitement sous observation vidéo, peuvent aider à relever ce défi.

En 2016, la ville de Tomsk, en Sibérie (Fédération de Russie), a commencé à utiliser ce procédé pour soigner les personnes atteintes de tuberculose. Ainsi les patients peuvent-ils prendre leurs médicaments sous les soins d’un infirmier ou d’une infirmière à l’aide d’un logiciel d’appel vidéo pour smartphone. Les patients signent tous un formulaire de consentement en connaissance de cause avant de débuter le traitement sous observation vidéo, et acceptent d’être disponibles pour leur séance quotidienne dans un endroit tranquille. Les agents de santé appellent les patients selon un horaire convenu. Ils conseillent également ces derniers sur le stockage approprié des médicaments qui, d’ailleurs, constitue un aspect important de la réussite thérapeutique.

Le programme a d’abord commencé avec 6 patients, et en incorpore désormais 88. S’inspirant de l’exemple de Tomsk, le traitement sous observation vidéo est désormais appliqué dans d’autres régions du pays, notamment dans les oblasts de Tioumen, de Voronej, de Vladimir, d’Ivanovo et d’Arkhangelsk.

Cette approche est considérée comme un pas en avant vers la prestation de soins davantage centrés sur la personne, et est appréciée par les patients et le personnel infirmier. Il a été démontré que le traitement sous observation vidéo améliore l’accès au traitement antituberculeux, favorise la prise régulière de médicaments et l’observance thérapeutique, diminue les risques de pharmacorésistance et de propagation de l’infection, et améliore la qualité de vie générale des patients. Il peut alléger la charge financière du système de santé, des patients et de leur famille car les patients n’ont plus à se rendre chaque jour dans un centre de santé pour suivre un traitement sous surveillance directe. Depuis le lancement du traitement sous observation vidéo, aucune interruption du schéma thérapeutique n’a d’ailleurs été signalée.