Toute infection prévenue est un traitement antibiotique évité

Cette année, à l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, la Région européenne de l’OMS se concentre sur le rôle essentiel que peuvent jouer les agents de santé et les responsables politiques en vue de prévenir la propagation de la résistance aux antimicrobiens dans les services de soins de santé et ce, grâce à la prévention et au contrôle efficaces des infections.

Dans certains États membres de la Région, plus de 50 % des infections sont causées par des agents pathogènes résistants aux médicaments antimicrobiens. Les écarts observés entre les pays s’expliquent par les pratiques en matière d’utilisation des antibiotiques et de prévention et de contrôle des infections. Un nouvel article de The Lancet publié le 13 novembre 2017 met en évidence l’importance des mesures de prévention et de contrôle des infections, une solution incontournable pour endiguer la propagation de la résistance aux antimicrobiens.

La Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques aura lieu du 13 au 19 novembre 2017. Elle s’inspire de la campagne précédente SAUVEZ DES VIES : pratiquez l’hygiène des mains, placée sous le slogan « Luttez contre la résistance aux antibiotiques – c’est entre vos mains ». La campagne a mis en lumière le lien existant entre une bonne hygiène des mains, l’une des principales mesures de prévention et de contrôle des infections, et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Toute infection prévenue est un traitement antibiotique évité

Selon des estimations, jusqu’à 10 % des patients sous traitement contracteront au moins une infection associée aux soins (IAS) à un moment donné. Ces infections peuvent avoir un impact sur la qualité de vie et provoquer une maladie grave, voire le décès du patient. Dans l’Union européenne, on estime qu’environ 4 millions de patients hospitalisés acquièrent chaque année une IAS, et qu’environ 37 000 décèdent des suites directes de ces infections.

Une IAS sur 3 peut être évitée par la prise de mesures efficaces de prévention et de contrôle des infections. Il en résulte une consommation moindre d’antibiotiques, ce qui réduit la propagation de la résistance aux antimicrobiens. Le Règlement sanitaire international (RSI) (2005) considère que la prévention et le contrôle efficaces des infections constituent une stratégie fondamentale pour faire face aux menaces de santé publique de portée internationale, comme la résistance aux antimicrobiens. La lutte contre cette dernière constitue également une priorité absolue pour la réalisation des objectifs de développement durable.

Vous avez un rôle à jouer dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques !

Les principaux acteurs du secteur de la santé ont tous un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Les agents de santé peuvent aider à protéger les patients contre les infections évitables contractées dans les services de soins de santé, et prévenir la propagation de la résistance aux antimicrobiens grâce à une bonne hygiène des mains, en utilisant du savon ou un désinfectant à base d’alcool. Cette mesure simple mais fondamentale permet d’éviter l’utilisation des antibiotiques et de préserver leur efficacité.

L’OMS recommande aux agents de santé d’appliquer l’approche « Mes cinq moments pour l’hygiène des mains », qui définit les moments clés où un lavage des mains est recommandé, à savoir :

  1. avant de toucher un patient ;
  2. avant de préparer et d’administrer des injections ;
  3. après tout contact avec des liquides organiques ;
  4. après avoir touché le patient ;
  5. après avoir touché l’environnement d’un patient.

Les gestionnaires des services de santé, les responsables de la prévention et du contrôle des infections et les décideurs politiques peuvent contribuer à ces efforts en apportant leur soutien aux programmes ciblés et aux campagnes d’hygiène conformément aux directives de l’OMS.

Bien que ses conséquences soient principalement assumées par le secteur de la santé, la résistance aux antimicrobiens a une origine multisectorielle. La Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques encourage tous les pays, les partenaires de la santé et le public à sensibiliser à la résistance aux antimicrobiens, et à insister sur le fait que nous avons tous un rôle à jouer dans la préservation de l’efficacité des médicaments antimicrobiens.

Nouvelles données, nouveaux engagements

Dans la Région, la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques s’associe à la Journée européenne d’information sur les antibiotiques, une initiative lancée en 2008 en Europe. Parmi les activités menées par l’OMS/Europe à l’occasion de la Semaine de 2017, il convient de mentionner la publication de nouvelles données sur la résistance aux antimicrobiens pour la Région, ainsi qu’un appel adressé à l’ensemble de la société afin qu’elle s’engage à lutter contre ce fléau.

De nouvelles données sur la résistance aux antimicrobiens en Europe seront disponibles le 15 novembre 2017 dans le troisième rapport annuel du Réseau de surveillance de la résistance aux antimicrobiens en Asie centrale et en Europe orientale (CAESAR), et dans une nouvelle section du Portail européen d’information sanitaire de l’OMS/Europe. Ces données sont inestimables dans la mesure où elles permettent de mieux comprendre l’ampleur du problème et de définir les principales priorités d’action.

Neuf pays européens et le Kosovo (conformément à la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité des Nations Unies) procèdent déjà à un échange de leurs données de surveillance au niveau international, et 10 autres pays renforcent actuellement leur système de surveillance afin de pouvoir participer à cette initiative à l’avenir.

À l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques 2017, l’OMS/Europe et Public Health England (PHE) lancent la version turque d’Antibiotic Guardian, une campagne en ligne mise en œuvre par PHE en 2014 et dont la version russe a été publiée l’an passé. Depuis 2014, plus de 50 000 personnes ont promis de soutenir cette initiative et de devenir des « gardiens des antibiotiques ».