Prévention de la maltraitance des enfants : les pays nordiques et baltes se réunissent pour discuter de mesures intersectorielles

Les 1er et 2 juin 2017, des décideurs politiques, des professionnels et des activistes des pays baltes et nordiques se sont réunis à Riga (Estonie) pour un atelier sur le renforcement de l’action intersectorielle visant à prévenir la maltraitance des enfants.

Cet atelier, organisé conjointement par l’OMS/Europe, le  Conseil nordique des ministres et le gouvernement letton, avait pour thème la collaboration entre les secteurs  de la santé, de la protection sociale, de l’éducation et de la justice. En tout, 100 participants de ces secteurs, représentant 14 pays, ont pris part à cet atelier. Ils se sont vu présenter de bonnes pratiques et des expériences, inspirées d’éléments probants, sur les mesures préventives efficaces et la manière de les mettre en œuvre au niveau national.

Dans la Région européenne de l’OMS, on estime que des dizaines de millions d’enfants et de jeunes gens subissent des abus ou de la maltraitance à caractère sexuel, physique ou émotionnel. Moins de 10 % de ces actes de maltraitance sont connus des organismes chargés de la protection des victimes. Les objectifs de développement durable des Nations Unies encouragent une action intersectorielle concertée pour lutter contre cet important problème, puisqu’ils fixent explicitement la cible (16.2) visant l’éradication de la violence envers les enfants pour 2030.

La maltraitance constitue l’une des principales causes d’inégalités et d’injustices sociales, et les populations les plus pauvres et défavorisées sont exposées à un risque plus important. Les conséquences de la maltraitance des enfants sont graves, puisqu’elle a de profondes incidences sur le bien-être physique, mental et social des enfants.

Œuvrer en faveur d'un objectif commun : mettre fin à la maltraitance des enfants

À l’ouverture de l’atelier, le docteur Santa Livina, qui dirige le département de santé publique du ministère letton de la Santé, a affirmé que beaucoup d’enfants et de jeunes gens continuent à subir de mauvais traitements, alors que tout enfant a le droit de vivre en sécurité et dans un environnement exempt de violence. « La violence a un impact négatif sur le développement social de l’enfant, sur sa santé actuelle et future, et sur son potentiel de réussite scolaire », a-t-elle déclaré. « Les enfants victimes de violences peuvent, eux aussi, adopter un comportement violent en grandissant. »

Le ministère de la Santé a fait de ce problème une priorité dans le cadre de ses projets pour la promotion de la santé sociale. Il met résolument l’accent sur le renforcement de la collaboration intersectorielle à des fins préventives.

Mme Līga Āboliņa, secrétaire d'État adjointe au ministère letton de la Protection sociale, a relevé que la large brochette de représentants venus de divers pays et organisations montre que la maltraitance des enfants est l’une des problématiques capitales auxquelles il faut s’attaquer en priorité. « Nous avons un objectif commun – un monde où aucun enfant ne subit de violences ou de mauvais traitements », a-t-elle dit.

Une démarche intersectorielle contre la maltraitance des enfants donne des résultats positifs

L’enfance et l’adolescence sont des périodes caractérisées par une vulnérabilité particulière, durant lesquelles le stress toxique, comme celui qui est induit par une violence ou une maltraitance prolongée, peut altérer le développement du cerveau. Ceci peut entraîner un cortège de problèmes sanitaires, scolaires, comportementaux et sociaux qui peuvent persister tout au long de la vie et déboucher sur une mortalité précoce.

Pour lutter contre les causes de la maltraitance, il faut des efforts coordonnés et soutenus dans de multiples secteurs, et les systèmes de santé doivent participer activement à la riposte. Pour la société, le coût de l’inaction est énorme : dans les quelques pays d’Europe et d'ailleurs où ce coût a été étudié, il représente environ 1 à 2 % du produit intérieur brut.

Par ailleurs, la recherche indique qu’en mettant fin à la violence et à d'autres expériences négatives dans l’enfance, on verra moins de pauvreté, d’inégalité, de dépendance à l’alcool et à la drogue, de phénomènes d'automutilation, de maladies mentales et de maladies non transmissibles, ainsi que moins d’épisodes de violence à un stade ultérieur de la vie.

Il est validé scientifiquement que la création d’environnements sûrs, la promotion d’une meilleure parentalité, la modification de certaines normes, l’organisation d’un enseignement préscolaire, la mise en vigueur d’une législation sur la maltraitance des enfants, la lutte contre l’inégalité entre les sexes et l’apport d'un soutien social sont des mesures d’un bon rapport coût-efficacité pour lutter contre la maltraitance des enfants. Ces mesures passent nécessairement par une action intersectorielle, et la meilleure manière de les coordonner est un plan d'action national approuvé par les pouvoirs publics.