La flambée de virus Ebola en Afrique de l’Ouest décrétée « urgence de santé publique de portée internationale »

WHO/K. Ait-Ikhlef

Le 8 août, le directeur général de l’OMS a décrété que la flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest représentait une « urgence de santé publique de portée internationale » en vertu du Règlement sanitaire international (2005) (RSI 2005). C’est la troisième fois que l’OMS déclare ce type d’urgence depuis la grippe pandémique H1N1 en 2009 et la propagation internationale du poliovirus sauvage en 2014.

La déclaration fait écho aux conseils émis par le Comité d’urgence lors de sa réunion des 6 et 7 août. Ce dernier a en effet décidé, à l’unanimité, que les conditions justifiant une urgence de santé publique de portée internationale étaient bien remplies. Les considérations suivantes ont été prises en compte.

  • La flambée de virus Ebola en Afrique de l’Ouest constitue un « événement extraordinaire » et un risque pour la santé publique d’autres États.
  • Les conséquences potentielles de la poursuite de la propagation internationale sont particulièrement graves étant donné la virulence du virus, les schémas de transmission intensive au sein de la communauté et des établissements de santé, et la faiblesse des systèmes de santé des pays actuellement touchés et les plus à risque.
  • Il importe de mettre en œuvre une intervention coordonnée au niveau mondial pour stopper la propagation internationale du virus Ebola et ensuite inverser la tendance.

Le Comité d’urgence a conseillé le directeur général sur trois ensembles de mesures préconisées qui doivent être promulguées d’urgence. Ces recommandations portent notamment sur des interventions sanitaires devant être mises en œuvre par les acteurs suivants :

  1. les États affectés par la transmission du virus Ebola ;
  2. les États présentant un cas potentiel ou confirmé de virus Ebola ainsi que les États indemnes du virus qui partagent une frontière terrestre avec des États touchés par la maladie ;
  3. tous les États.

Le directeur général a approuvé les conseils du comité, et en a fait des recommandations temporaires en vertu du RSI (2005) en vue de réduire la propagation internationale du virus Ebola et ce, à compter du 8 août 2014. Le Comité d’urgence procédera à une réévaluation de la situation dans un délai de 3 mois.

La flambée actuelle de virus Ebola s’est déclarée en Guinée en décembre 2013.  La maladie se transmet désormais dans ce pays ainsi qu’au Libéria, au Nigéria et en Sierra Leone. En date du 6 août 2014, les pays ont signalé 1 779 cas (1 134 confirmés, 452 probables, 193 suspects), dont 961 décès. La flambée de virus Ebola est actuellement la plus grave jamais enregistrée. Afin de lutter contre ce fléau, un certain nombre de pays non touchés par ce virus ont formulé plusieurs conseils ou recommandations en matière de voyages et de déplacements.

Recommandations à l’adresse de l’ensemble des États

Afin de prévenir l’introduction du virus Ebola, l’OMS recommande que tous les États du monde fassent preuve de vigilance et préparent l’intervention de leur système de santé en conséquence. Les pays européens sont concernés, et l’OMS est prête à les aider en étroite collaboration avec la Commission européenne, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et d’autres agences européennes. En particulier :

  • aucune interdiction générale en matière de déplacements et d’échanges commerciaux internationaux ne doit être formulée. Les restrictions reprises dans les recommandations relatives au déplacement des cas de virus Ebola et des personnes contacts doivent être appliquées ;
  • les États doivent fournir aux voyageurs se rendant dans les régions touchées par le virus Ebola et à risque des informations pertinentes sur les risques, des mesures visant à limiter autant que possible ces derniers, ainsi que des conseils afin de gérer toute exposition potentielle au virus ;
  • les États doivent être prêts à dépister, analyser et prendre en charge les cas de virus Ebola. Il s’agit notamment de garantir l’accès à un laboratoire qualifié pour le diagnostic de la maladie à virus Ebola et, le cas échéant, assurer la capacité de prise en charge des voyageurs atteints d’une affection fébrile non expliquée, en provenance de régions où la présence du virus Ebola est avérée, et arrivant dans les aéroports internationaux ou d’importants points de passage terrestre entre les pays ;
  • le public devra disposer d’informations précises et pertinentes sur la flambée de virus Ebola et sur les mesures visant à réduire le risque d’exposition ;
  • les États doivent être prêts à faciliter l’évacuation et le rapatriement des ressortissants (par exemple, les agents de santé) qui ont été exposés au virus Ebola.