L’OMS durcit sa riposte contre Ebola

L’ampleur de la flambée de maladie à virus Ebola et la menace persistante qu’elle représente obligent l’OMS et la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone à durcir leur riposte. Cela exigera davantage de ressources, de connaissances médicales spécialisées dans les pays, de préparation régionale et de coordination

Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS

Dans le cadre d’une campagne internationale intensifiée, l’OMS multiplie ses interventions afin de maîtriser la flambée épidémique de maladie à virus Ebola dans 3 pays d’Afrique de l’Ouest. Vendredi 1er août, le directeur général de l’OMS et les Présidents des pays touchés se sont réunis en Guinée afin de lancer un nouveau plan conjoint pour juguler cette maladie : le Plan d’intervention contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, qui nécessitera la somme de 100 millions de dollars des États-Unis.

L’ampleur de cette épidémie est sans précédent, avec 1 323 cas confirmés, probables et suspects et 729 décès signalés en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone entre mars et le 27 juillet 2014.

« L’ampleur de la flambée de maladie à virus Ebola et la menace persistante qu’elle représente obligent l’OMS et la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone à durcir leur riposte. Cela exigera davantage de ressources, de connaissances médicales spécialisées dans les pays, de préparation régionale et de coordination », a déclaré le docteur Margaret Chan, directeur général de l’OMS. « Les pays ont déterminé ce dont ils ont besoin, et l’OMS lance un appel à la communauté internationale pour favoriser la mise à exécution du plan d’intervention. »

Le docteur Chan a annoncé que, en vertu des dispositions du « Règlement sanitaire international », elle a convoqué un comité d’urgence qui se réunira le 6 août pour évaluer les incidences internationales de cette flambée épidémique en Afrique de l’Ouest. Elle se fie aux experts du comité, dont ceux des pays de l’Afrique de l’Ouest, pour sensibiliser davantage la communauté internationale à l’ampleur de la flambée épidémique et aux nombreuses difficultés qui ne pourront être résolues sans que cette communauté internationale n’apporte son soutien de toute urgence.

Il faut plus de travailleurs de la santé

Des centaines de travailleurs de tous pays, dont plus de 120 membres du personnel de l’OMS, sont déjà en train d’encadrer les efforts nationaux et régionaux contre Ebola. Cependant, selon le Plan d’intervention contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, ces effectifs doivent être étoffés sans délai, surtout ceux des cliniciens et des infirmières, des épidémiologistes, des experts de la mobilisation sociale, des logisticiens et des gestionnaires de données. Il convient également que les pays voisins se préparent mieux et que les capacités mondiales de riposte soient renforcées.

Le nouveau plan d’intervention, qui est basé sur les enseignements tirés d’autres flambées épidémiques, comprend des stratégies visant à :

  • interrompre la transmission de la maladie à virus Ebola dans les pays touchés grâce à plus de mesures efficaces, fondées sur des bases factuelles, pour la maîtrise de la flambée épidémique ;
  • empêcher la propagation de la maladie dans les pays voisins en renforçant les mesures de préparation et de riposte à l’épidémie.

Ce plan met également l’accent sur l’importance de la surveillance, en particulier dans les zones frontalières, sur celle des évaluations des risques et des tests de diagnostic en laboratoire pour les cas suspectés. Les travailleurs de la santé sont rares dans les 3 pays touchés, et doivent être mieux protégés contre une infection.