Pour la sécurité sanitaire mondiale, tous les secteurs et tous les pays doivent se mobiliser

Réagir aux menaces sanitaires internationales : 5 choses à savoir

Les grands voyages internationaux et les échanges commerciaux mondialisés ouvrent toute grande la porte à la propagation planétaire des maladies. Aujourd’hui, une menace sanitaire localisée dans n’importe quelle zone du monde est une menace pour la santé de toutes les populations du globe.

Par ailleurs, les menaces sanitaires ne se sont jamais déplacées aussi rapidement. Il s’agit notamment de chocs soudains qui secouent les secteurs sanitaire et économique, et qui sont dus à des maladies émergentes (par exemple la grippe pandémique et aviaire), à des situations d’urgence humanitaire, ou pourraient être provoqués par le bioterrorisme.

De la ratification du Règlement sanitaire international à la première date butoir pour sa mise en œuvre

Dans la Région européenne de l’OMS, 21 pays ont demandé un report du délai, fixé à juin 2014, pour la mise en place des capacités de base en vue de l’application du Règlement sanitaire international (RSI). Ils ont besoin de davantage de temps pour développer pleinement leurs capacités à détecter les situations d’urgence, à les évaluer, à fournir des informations à leur sujet et à y réagir.

Lorsque le RSI est entré en vigueur, en 2007, ils ont mis en place un système d’alerte rapide, non pas uniquement pour les maladies infectieuses, mais aussi pour tout ce qui peut menacer la santé humaine et les moyens de subsistance des êtres humains, y compris les dangers d’irradiation et les risques chimiques. Depuis lors, les pays et l’OMS/Europe se sont attachés à développer les capacités nationales pour faire de la sécurité sanitaire une réalité à l’échelle mondiale. Cet objectif n’a pas encore été atteint. Tant que tous les pays ne seront pas pleinement préparés à réagir à l’apparition d’un foyer de maladie et aux situations d’urgence, aucun d’entre eux ne sera à l’abri.

Tirer parti des capacités nationales jusqu’à la date butoir ultime pour la mise en œuvre

Des pays mieux préparés sont des partenaires internationaux plus forts en situation d’épidémie ou d’urgence. L’OMS/Europe peut apporter son aide.
Quoique les pays aient développé leurs capacités à appliquer, dans une large mesure, le RSI, ce dernier ne peut sortir tous ses effets que s’il y a une coordination des efforts de divers ministères, ainsi que des pays ayant des frontières communes. Bien que les pays soient confrontés tous les jours à des menaces pour la santé publique, ils ne tirent pas pleinement parti du RSI en tant qu’outil quotidien.

Lors d’une réunion qui s’est tenue à Luxembourg en février 2013, les 55 États Parties au RSI dans la Région européenne (53 États membres, le Liechtenstein et le Saint-Siège) ont constaté que le secteur de la santé avait besoin d’un soutien plus ferme afin de conférer davantage de pouvoir aux points focaux nationaux pour le RSI, de mettre à l’essai les capacités développées, de faire entendre cette cause en dehors du secteur de la santé et d’obtenir la participation de décideurs de haut rang. Les pays ont développé des capacités à recueillir des données épidémiologiques sur les menaces pour la santé publique, mais ces données ne peuvent être utiles que si elles sont analysées, échangées entre les secteurs et communiquées à d’autres pays et à l’OMS.

L’OMS/Europe a renforcé son rôle de guide des États Parties afin que ceux-ci évaluent les menaces pour la santé publique et développent aussi rapidement que possible leurs capacités dans le cadre du RSI, et ce dans les domaines suivants :

  • ports, aéroports et postes-frontières ;
  • collaboration transfrontalière entre pays et régions limitrophes ;
  • communication des risques ;
  • législation nationale ;
  • surveillance des événements et systèmes d’alerte rapide ;
  • exercices nationaux pour tester et évaluer les capacités et les mécanismes ;
  • assistance dans un domaine ou un secteur spécifique.

2016 est la date limite pour la mise en œuvre définitive du RSI. Si tous les pays la respectent, ils auront un outil puissant permettant de garantir la sécurité sanitaire mondiale.