La communication est essentielle pour les interventions sanitaires en cas de crise

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Les participants à un atelier organisé en mai 2013 en Turquie sur la communication en cas de crise. Photo : OMS

Intervenir rapidement et efficacement lors des situations d’urgence constitue un défi pour les autorités sanitaires. La communication en cas de crise doit faire partie intégrante de tout système d’alerte précoce et de réaction (SAPR) tant au niveau national que local. Ceci permettra d’améliorer la préparation et les interventions lors des crises sanitaires en vertu du Règlement sanitaire international (RSI). Du 7 au 9 mai 2013, 40 personnes ont participé, à Ankara (Turquie), à un exercice national afin de s’assurer que les interventions mises en œuvre par les autorités de santé publique en vue de contrer les menaces pour la santé et la sécurité incluent la communication en cas de crise.

« Après avoir établi le nouveau SAPR en Turquie il y a un an, nous avons maintenant besoin d’optimiser notre travail. Il s’agit notamment d’intégrer des spécialistes de la communication dans nos équipes techniques. Cela aidera à instaurer la confiance en temps de paix et à intensifier la collaboration en période de crise », a déclaré Mehmet Ali Torunoglu, vice-président de l’Agence turque de santé publique. « Mais il y a aussi un autre aspect à prendre en compte : les spécialistes techniques doivent inclure la perception du risque et la communication en cas de situation d’urgence dans leurs activités. C’est ainsi que nous pouvons être vraiment efficaces. »

Communiquer rapidement avec le public

Des responsables de la santé publique de 22 provinces ont participé à l’atelier, ainsi que des experts nationaux.

« Il est désormais évident pour moi que la communication en cas de crise, notamment les relations avec les médias, fait partie de mon travail », a déclaré Mehmet Yilmaz, responsable depuis 13 ans du programme des maladies transmissibles à la Direction de la santé publique de Kocaeli. « Notre priorité était auparavant de résoudre les problèmes de santé publique avant que l’information puisse atteindre la population. Maintenant, je suis en faveur de communiquer avec le public dès le début. »

« En cas de crise, il faut transmettre les messages appropriés à l’ensemble de la population, et les spécialistes de la communication au niveau provincial doivent collaborer avec les communautés locales », a conclu Beste Gulgun, spécialiste de la communication auprès du ministère de la Santé. « Cet atelier a permis de réunir un grand nombre de personnes impliquées dans les interventions en cas de crise en Turquie et au niveau international, et nous aidera à élaborer un plan national de communication lors des situations d’urgence. »

Communication en cas de crise : éléments clés

L’atelier a permis d’analyser les éléments clés de la communication en cas de crise sur la base des enseignements tirés lors des flambées épidémiques de maladies et d’autres situations d’urgence sanitaire. Il s’agit notamment d’instaurer une communication transparente et de notifier rapidement la population en cas d’urgence. Les participants à l’atelier ont examiné les méthodes nouvelles et traditionnelles permettant de nous informer des inquiétudes et des préoccupations du public (participation des populations au niveau local et de la presse, recours aux médias sociaux, etc.).

Les participants ont effectué des exercices pratiques sur la base d’études de cas réalisées en Turquie en plaçant les discussions dans le contexte des situations nationales et locales. Ils ont également jeté les bases d’une stratégie nationale de communication en cas de crise.

L’atelier de trois jours a été organisé par le ministère turc de la Santé (dans le cadre d’un projet sur la surveillance et la lutte contre les maladies transmissibles financé par l’Union européenne), avec l’appui du Siège de l’OMS, de l’OMS/Europe et du bureau de pays de l’OMS en Turquie, des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis et de Public Health England (PHE).