Aller de l’avant dans le domaine de l’environnement et de la santé

WHO/Ministry of Health, Israel/Ministry of Environment Protection, Israel

« Je suis une fervente partisane du processus Environnement et santé, 

non seulement parce que je participe à cette initiative depuis sa création, mais aussi parce que, et j'en suis fermement convaincue, les problèmes complexes d'aujourd'hui ne peuvent être résolus sans une collaboration intersectorielle ou, dans certains cas, l'adoption d'une approche pangouvernementale et pansociétale. » 

C'est par cette déclaration que le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe, a clôturé le 30 avril 2015 l'évaluation à mi-parcours du processus européen Environnement et santé organisée pendant 3 jours dans la ville israélienne de Haïfa. La réunion a rassemblé plus de 200 délégués représentant 37 pays de la Région européenne de l'OMS ainsi que des organisations intergouvernementales et non gouvernementales qui sont parties prenantes au processus européen Environnement et santé.
La réunion de haut niveau « était très importante, car elle nous a permis de dresser un bilan entre la conférence de Parme et la prochaine conférence ministérielle : les réalisations, mais aussi les obstacles que nous devons surmonter afin d'accélérer la mise en œuvre et l'atteinte de nos objectifs », a poursuivi le docteur Jakab.

Les progrès accomplis par la Région européenne en vue de réaliser les 5 objectifs assortis d'échéances sur l'eau, l'environnement des enfants, l'air intérieur, la sécurité chimique et les maladies liées à l'amiante ont été certes remarquables, mais inégaux. 

Un nouveau rapport, intitulé « Improving environment and health in Europe: how far have we gotten? » [Améliorer l'environnement et la santé en Europe : où en sommes-nous ?] décrit les principales conclusions de cette évaluation.

  • Si plus de 90 % des citoyens ont accès à de meilleurs services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, 67 millions de personnes n'ont toujours pas accès à des services d'assainissement de base, et 100 millions ne sont pas raccordées à l'eau potable courante. En conséquence, 10 décès par jour dus à la diarrhée sont imputables à de l'eau insalubre et à des conditions d'assainissement et d'hygiène médiocres dans la Région.
  • Entre 2000 et 2011, le nombre d'enfants de moins de 14 ans décédés des suites de traumatismes non intentionnels et d'accidents de la route a baissé de 40 %. Les progrès ont été toutefois moins importants dans les pays à revenus faible et intermédiaire que dans les pays à revenu élevé.
  • En 2012, 38 pays ont interdit le tabagisme dans les écoles, et 32 pays l'ont interdit dans les universités. L'objectif de bannir la fumée de tabac de l'environnement des enfants pour 2015 n'a néanmoins pas encore été atteint.
  • L'adoption en 2013 de la Convention de Minamata sur le mercure constitue une étape importante pour protéger les enfants contre les effets sanitaires du mercure. Or, une enquête de l'OMS a permis de révéler que seulement la moitié des pays européens ont pris des mesures pour réduire ou éliminer les risques posés aux enfants par les produits chimiques.
  • Bien que la majorité des pays aient interdit l'utilisation de l'amiante, près d'un tiers l'emploie toujours et quelques-uns sont producteurs.
  • Il est prévu que les décès liés à la chaleur atteignent le chiffre de 27 000 par an en 2050 pour les personnes âgées de plus de 65 ans. Alors que de nombreux pays n'ont ménagé aucun effort pour s'adapter au changement climatique, trop souvent ces initiatives ne sont pas incorporées dans les politiques nationales de santé, et sont financées au titre de budgets déjà extrêmement serrés.

« La vitalité du processus européen Environnement et santé ne fait aucun doute,

et cette initiative peut aider les États membres à venir à bout des défis posés par l'environnement et la santé qui empêchent nos sociétés d'atteindre leur plein potentiel de développement », a ajouté le docteur Jakab.

Au cours des réunions plénières et lors d'une exposition organisée sur place à Haïfa (Israël), les États membres et d'autres parties prenantes au processus européen Environnement et santé ont fait état de leurs réussites dans la réalisation des objectifs assortis d'échéances fixés à Parme, et des difficultés rencontrées à cet égard. La majorité des progrès accomplis en Europe dans le domaine de l'environnement et de la santé s'expliquent par la nature intersectorielle de ce processus, qui apporte une valeur ajoutée à chacun de ces 2 secteurs. 

Si davantage de secteurs, à savoir l'éducation, l'aménagement urbain, l'agriculture, les transports, l'énergie et l'économie, pouvaient collaborer pour lutter contre les inégalités, cibler les populations vulnérables, relever les défis liés aux différences entre les zones urbaines et rurales et combler le fossé entre la science et la politique, on pourrait non seulement sauver plus de vies, mais les succès rencontrés vaudraient leur pesant d'or. Selon une nouvelle étude réalisée par l'OMS et l'OCDE et présentée à Haïfa, le coût économique des quelque 600 000 décès prématurés et des maladies provoqués par la pollution de l'air dans la Région européenne de l'OMS atteignait, en 2010, le chiffre de 1,6 billion de dollars des États-Unis.

« Nous devrons concilier la complexité des problématiques mondiales sous-jacentes avec la nécessité clairement exprimée de produire un résultat politique fort, précis et ciblé pour la conférence ministérielle »

 a conclu le docteur Jakab.

En ce qui concerne la prochaine conférence ministérielle, le processus européen Environnement et santé devra prendre en compte la plupart des réalités du XXIe siècle en termes de problématiques et de défis. Il doit maintenir ses liens étroits avec les plates-formes stratégiques telles que le cadre politique européen de la santé, Santé 2020, et le programme de développement durable pour l'après-2015. Tous les pays européens doivent soutenir le processus de la manière suivante :

  • poursuivre son institutionnalisation aux niveaux régional et national ; 
  • continuer à augmenter la visibilité de ses réalisations et utiliser toutes les occasions possibles pour faire avancer le processus ;
  • rester concentrés sur l'accomplissement du travail inachevé et le respect des priorités envers lesquelles ils se sont engagés à Parme, tout en préparant le programme d'action à venir.