Un nouveau document d’orientation de l’OMS examine les possibilités de promouvoir la viabilité environnementale des systèmes de santé

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Les systèmes de santé ont un impact considérable sur l’environnement et sont de grands consommateurs d’énergie et de ressources ; c’est ce qui ressort des données factuelles compilées dans le document d’orientation de l’OMS intitulé « Towards environmentally sustainable health systems in Europe » [Vers des systèmes de santé viables sur le plan environnemental en Europe].

Le document explique, cependant, que même si les systèmes de santé utilisent des ressources naturelles, contribuent aux émissions de gaz à effet de serre et produisent de grandes quantités de déchets, notamment des matières dangereuses, ils peuvent aussi avoir un impact positif sur l’environnement, en particulier dans les domaines des activités de promotion de la santé et de protection de l’hygiène de l’environnement.

Le docteur Srdan Matic, coordinateur pour l’environnement et la santé à l’OMS/Europe, a présenté les conclusions du document d’orientation lors de la conférence CleanMed Europe 2016, tenue à Copenhague (Danemark) du 19 au 21 octobre 2016. Le document s’inspire des bases factuelles compilées à partir de rapports gouvernementaux, d’études de cas, de la littérature « grise » et de 172 articles publiés dans des revues spécialisées. « En tant que professionnels du secteur de la santé », a déclaré le docteur Matic, « nous avons la responsabilité d’atténuer l’impact environnemental de nos activités. Il s’agit bien plus que de faire moins de mal – il s’agit de faire plus de bien. »

Exemples de mesures bénéfiques à la fois pour la santé et l’environnement

Les éléments de preuve examinés dans le document d’orientation font état de plusieurs exemples d’interventions qui se sont avérées bénéfiques pour les secteurs de l’environnement et de la santé.

  • Les mesures réglementaires sur la qualité de l’air ont réduit l’acidification des sols et des réserves d’eau douce dans la plupart des régions d’Europe et d’Amérique du Nord depuis les années 1990.
  • Selon les estimations d’une analyse effectuée en 2012 par Kaplan et al. aux États-Unis, si elles sont appliquées à l’échelle nationale, un ensemble d’interventions visant à réduire l’impact négatif des hôpitaux sur l’environnement pourraient permettre de réaliser des économies financières dépassant 5,4 milliards d’USD en 5 ans, et 15 milliards d’USD en 10 ans.
  • Un exercice de modélisation réalisé en 2009 par Haines et al. au Royaume-Uni indique que la promotion du transport actif combiné à un régime alimentaire pauvre en viande pourrait contribuer à réduire la charge des maladies cardiovasculaires et à atténuer le changement climatique.
  • Des activités de recherche menées notamment en Allemagne, au Canada, au Royaume-Uni et en Suède ont permis de conclure que la télésanté et la télémédecine peuvent à la fois réduire le besoin du patient de se déplacer et améliorer l’accès aux soins dans les régions rurales, par exemple. Une étude réalisée en 2009 par Bond et al. démontre, quant à elle, que les cliniques mobiles de dépistage du cancer du sein permettaient en fait de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant l’expérience des patients.
  • Enfin, selon une évaluation effectuée en 2015 dans le cadre du Plan d’action mondial, les changements apportés à l’utilisation de l’éclairage dans les services d’hospitalisation ont amélioré les habitudes de sommeil des patients et permis à 6 établissements hospitaliers du Royaume-Uni d’économiser 650 000 USD sur 2 ans.

Focus sur les stratégies et les actions bénéfiques pour tous

« Nous ne préconisons pas d’adopter la viabilité environnementale au détriment des objectifs ou des fonctions essentiels des systèmes de santé », a commenté le docteur Hans Kluge, directeur de la Division des systèmes de santé et de la santé publique à l’OMS/Europe. « Même s’il faudra incontestablement trouver des compromis, nous pensons que l’accent doit porter sur les stratégies et les actions qui s’avéreront bénéfiques pour les systèmes de santé ainsi que pour l’environnement. »

Les conclusions de « Towards environmentally sustainable health systems in Europe » seront prises en compte lors de la Sixième Conférence ministérielle sur l’environnement et la santé, qui se tiendra en juin 2017 en Tchéquie. À cette occasion, les États membres doivent adopter une déclaration ministérielle et un plan de mise en œuvre dont l’objectif est d’avancer sur la voie de l’élimination des principales menaces environnementales pour la santé humaine.