L’OMS/Europe et la CEE-ONU exhortent à prendre de nouvelles mesures concernant l’eau, l’assainissement et la santé dans la région paneuropéenne

Dans la région paneuropéenne, les maladies diarrhéiques sont encore à l’origine de 14 décès par jour, imputables à la mauvaise qualité de l’eau et de l’assainissement et au manque d’hygiène. Une redynamisation est donc nécessaire pour résoudre ces difficultés persistantes. Un ambitieux programme de travail visant à s’attaquer à ces problèmes doit être adopté cette semaine lors de la quatrième session de la réunion des Parties au Protocole sur l’eau et la santé, qui se déroule du 14 au 16 novembre à Genève (Suisse). Lors de cette réunion aura lieu une session spéciale de haut niveau, où l’on réfléchira au rôle de ce protocole comme outil destiné à promouvoir et à faciliter la réalisation des objectifs de développement durable (ODD).

Les 26 Parties au protocole, qui représentent quelque 60 % de la population paneuropéenne et sont soutenus à la fois par l’OMS/Europe et la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-ONU), lanceront des travaux dans 2 domaines d’importance stratégique : l’augmentation de la résilience face au changement climatique ; et l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les écoles et les établissements de santé.

Un lien sain entre le Protocole sur l’eau et la santé et les ODD

Ce protocole appelle les Parties à envisager l’eau, l’assainissement et la santé de manière globale, grâce à une démarche participative de grande envergure dans le cadre de laquelle chacun assume ses responsabilités. Dès lors, ce protocole peut être employé par les États membres comme un outil destiné à mettre en œuvre les ODD au niveau national. En améliorant la qualité de l’eau, la santé et l’environnement au niveau national, les pays soutiennent et renforcent aussi les retombées positives pour de nombreux autres aspects du développement. On obtient ainsi des résultats positifs, interdépendants, qui se renforcent mutuellement, faisant reculer la pauvreté et les inégalités et encourageant la durabilité – des thèmes communs à tous les ODD.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les écoles sont essentiels pour les enfants

Une eau de mauvaise qualité, un assainissement insuffisant et un manque d’hygiène dans les écoles peuvent compromettre l’apprentissage, la santé et le bien-être des élèves. « Pour tous les enfants, un milieu éducatif sain est l’une des conditions incontournables d’une vie décente, et pourtant, un pourcentage considérable des enfants de la région paneuropéenne fréquente toujours des écoles qui ne fournissent pas de services adéquats en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène », déplore la directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, le docteur Zsuzsanna Jakab. « Les secteurs de la santé et de l’enseignement devront collaborer plus étroitement pour que nous atteignions les ODD 4 et 6, à savoir instaurer un milieu éducatif épanouissant et assurer la qualité de l’eau et de l’assainissement pour tous. Ces 2 objectifs sont également liés de près à l’ODD 3 (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge) ».

À la réunion des Parties, l’OMS/Europe et la CEE-ONU présenteront 2 nouvelles publications qui plaident pour que les décideurs politiques de tous les secteurs concernés accordent une priorité à ce domaine de travail et proposent des bases factuelles solides pour pouvoir prendre des mesures stratégiques en connaissance de cause.

Près d’un quart des Européens sont tributaires de systèmes à petite échelle

Quelque 23 % de la population de la Région européenne de l’OMS sont approvisionnés en eau de boisson grâce à des systèmes à petite échelle. Avec ce type de système, les risques de contamination sont plus élevés. Deux nouvelles publications qui sortiront de presse à l’occasion de la réunion des Parties portent sur la gamme des instruments disponibles pour améliorer les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement à petite échelle, et présentent la dernière évaluation de ce type de système dans la Région.

Publication des données les plus récentes sur les maladies d’origine hydrique en Europe

L’étude de l’ensemble des flambées épidémiques pouvant avoir été provoquées par l’eau dans la Région européenne de l’OMS confirme que 18 % d’entre elles sont causés par de l’eau contaminée. Prévenir et faire reculer les maladies d’origine hydrique font partie des priorités du programme de travail du Protocole pour 2014-2016. Une étude des bases factuelles disponibles, publiée cette semaine par l’OMS/Europe et la CEE-ONU, révèle une sous-évaluation importante de l’ampleur réelle des maladies d’origine hydrique dans la région paneuropéenne et des défaillances flagrantes au niveau de leur notification, ce qui dénote une nécessité de renforcer les capacités nationales de surveillance de ces maladies.

Il faut remédier au manque d’équité dans l’accès à l’eau et à l’assainissement

L’accès à une eau de boisson sûre et à un assainissement ont été reconnus comme des droits humains par l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Afin d’aider les États membres à respecter ces droits, la CEE-ONU et l’OMS/Europe ont publié des conseils pour l’élaboration de plans d’action en vue de parvenir à un accès équitable à l’eau et à un assainissement.

La fixation de cibles et la publication de rapports sont le moteur de la mise en œuvre

Toutes les Parties au Protocole sont tenues de fixer des cibles et des dates pour leur concrétisation afin d’améliorer la situation de leur pays sur le plan de l’eau et de la santé, ainsi que de recueillir et d’évaluer des données et des informations sur les progrès réalisés. « Tous les pays ont progressé dans la concrétisation des cibles qu’ils se sont fixées, et beaucoup les ont réalisées dans leur intégralité. Concrètement, cela signifie que l’accès à l’eau et à un assainissement, la qualité de l’eau de boisson, le traitement des eaux usées, la qualité des ressources hydriques et la santé des citoyens de la région paneuropéenne ont été améliorés. Ces efforts doivent être maintenus à long terme pour combler les lacunes restantes en matière d’accès à l’eau et à un assainissement et protéger nos précieuses ressources en eau », note Christian Friis Bach, secrétaire exécutif de la CEE-ONU.

À la lumière de l’expérience considérable accumulée par les Parties et d’autres États ces 10 dernières années, le groupe de travail sur la fixation de cibles et la notification du Protocole a publié de bonnes pratiques et des enseignements acquis durant le processus, afin de proposer aux pays des conseils pratiques et de notifier les progrès réalisés.