Collaboration dans le domaine de la santé des réfugiés et des migrants

WHO/Malin Bring

Les États membres de la Région européenne de l'OMS ont convenu d'élaborer un cadre commun afin de coordonner la collaboration et l'action dans le domaine de la santé des réfugiés et des migrants. Celui-ci sera d'ailleurs fondé sur la solidarité et l'assistance mutuelle, et s'inspire du Programme de développement durable à l'horizon 2030, qui promet de ne « laisser personne de côté ».

Le document intitulé « Stepping up action on refugee and migrant health » (Intensification de l'action en faveur de la santé des migrants et des réfugiés) justifie l'élaboration d'un cadre commun et présente ses domaines d'activités. Il résume les débats engagés entre les ministres de la Santé, les délégations nationales et les partenaires lors de la Réunion de haut niveau sur la santé des réfugiés et des migrants organisée les 23 et 24 novembre 2015 à Rome (Italie). 

Comme le font remarquer les États membres dans le document, « il est impératif d'empêcher la mortalité inacceptable des migrants et des réfugiés, notamment lors des périlleuses traversées en bateau, et de mettre en œuvre une intervention cohérente et consolidée aux niveaux national et international afin de répondre aux besoins sanitaires des populations de réfugiés et de migrants dans les pays de transit et de destination ».

En expliquant le bien-fondé du cadre commun, les pays ont convenu que, malgré les mesures prises afin de répondre aux besoins sanitaires des réfugiés et des migrants et de la solidarité dont ils font preuve à cet égard, ils se voient dans l'incapacité de mener les interventions de santé publique nécessaires face à certains défis et à certaines demandes, et ne peuvent donc garantir l'accès des réfugiés aux services de santé. Plus particulièrement, ils ont indiqué que les systèmes de santé doivent s'adapter aux besoins de migrants, et surmonter les obstacles souvent rencontrés en matière d'accès aux soins, notamment la langue, les difficultés administratives et le manque d'informations sur les prestations sanitaires.

Le document mentionne notamment les points suivants :

  • les migrants et les réfugiés ne présentent pas une menace supplémentaire pour la sécurité sanitaire dans les communautés d'accueil ;
  • si le dépistage peut constituer un instrument efficace de santé publique, il ne doit pas être source de discrimination et de stigmatisation, et doit profiter à la fois aux individus et à la population ;
  • une attention particulière doit être accordée aux groupes les plus vulnérables, comme les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les handicapés et les victimes de torture ;
  • Les réfugiés et les migrants doivent porter sur eux leur dossier et leur carte de santé dont le format doit être adapté à cet égard.

Le cadre européen sur la migration et la santé sera élaboré conjointement par les États membres de la Région européenne de l'OMS et les principaux partenaires des Nations Unies et européens. Il sera examiné en septembre 2016 lors de la réunion de gouvernance de l'OMS/Europe, à l'occasion de la soixante-sixième session du Comité régional de l'OMS pour l'Europe.