L’OMS lance le Centre européen de connaissances sur la santé et la migration

WHO

L’OMS a lancé aujourd’hui le premier Centre européen de connaissances sur la santé et la migration, avec l’appui financier du Conseil régional sicilien de la santé (Italie). Le Centre de connaissances permettra de soutenir le travail des spécialistes traitant directement des aspects sanitaires de la migration, et fera office de dépositaire des données scientifiques disponibles dans ce domaine.

« Pour répondre rapidement et efficacement aux besoins de santé d’importantes populations d’origine étrangère, il importe de disposer des compétences et des informations sanitaires adéquates, » a déclaré à l’occasion du lancement le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe. « Le nouveau Centre européen de connaissances sur la santé et la migration est l’outil dont les pays d’accueil ont besoin pour améliorer les compétences de leurs agents de première ligne, et mener des interventions sanitaires inspirées de bases factuelles. »

Malgré la diminution généralisée du nombre de nouveaux réfugiés et migrants au cours de ces derniers mois, le mouvement migratoire vers l’Europe continue à un rythme régulier. Plus de 160 000 réfugiés et migrants ont atteint l’Italie par la mer depuis le début de cette année, et plus de 170 000 sont arrivés en Grèce. En 2016, plus de 4200 personnes ont perdu la vie ou ont été portés disparus en mer, contre 3771 en 2015.

« L’Italie est depuis longtemps l’un des pays situés aux avant-postes de la migration en Europe, » a déclaré le docteur Ranieri Guerra, directeur général de la santé préventive au ministère italien de la Santé. « Nous savons par expérience que les professionnels de santé jouent un rôle fondamental s’agissant de répondre aux besoins sanitaires des migrants et, depuis 2012, nous collaborons étroitement avec l’OMS afin de promouvoir le rôle central du secteur de la santé dans les interventions menées en Europe à cet égard. »

Les aspects sanitaires de la migration

Le système de santé des pays d’accueil des réfugiés et des migrants doit être en mesure de faire face aux besoins sanitaires immédiats des nouveaux arrivants, et de diagnostiquer et de traiter les maladies infectieuses et non transmissibles courantes. Des mécanismes efficaces de surveillance et de notification des maladies doivent être mis en place afin de réaliser des enquêtes et de lutter contre les flambées épidémiques.

Le Centre de connaissances servira de plate-forme d’apprentissage pour tous les acteurs œuvrant dans le domaine de la migration et de la santé, notamment les responsables politiques, les professionnels de santé, les travailleurs sociaux, les gestionnaires de centres de migration et les intervenants de première ligne et ce, conformément au cadre politique Santé 2020 de l’OMS et à son appel en faveur de la collaboration intersectorielle.

Le Centre de connaissances soutiendra les activités menées dans le domaine de la santé et de la migration de la manière suivante :

  • en fournissant une formation en ligne et en organisant chaque année une université d’été afin d’améliorer les compétences des professionnels traitant des différents aspects de la santé migratoire, tels que les profils et les besoins sanitaires des migrants, l’importance des différences culturelles dans la prestation des soins de santé ciblant ces populations et d’autres populations similaires ;
  • en donnant aux intervenants de première ligne l’accès à un large réseau d’experts dans tous les secteurs, et en leur permettant d’alimenter le débat engagé au niveau international à ce sujet en faisant part de leur expérience acquise localement ;
  • en réunissant les différents secteurs, tels que l’éducation et les affaires sociales, qui exercent un impact majeur sur la santé des réfugiés et des migrants ;
  • en dissipant les mythes et les préjugés sur la santé et la migration par la mise en place d’une plate-forme d’interventions fondées sur des données probantes.

Les enseignements tirés de l’expérience sicilienne

La Sicile est devenue la porte d’entrée du sud de l’Europe pour des centaines de personnes qui fuient les conflits et la guerre, ou à la recherche d’occasions d’améliorer leur vie et celle de leur famille. En 2014, le Conseil sicilien de la santé a collaboré avec l’OMS afin d’élaborer un plan d’urgence régional et ainsi d’améliorer les interventions de santé publique face au mouvement migratoire dans l’île. « Le plan prévoit notamment la mise en place de procédures pour augmenter l’efficacité des moyens logistiques, financiers et humains mis en œuvre dans le cadre de l’action sanitaire, » a déclaré Baldassarre Gucciardi, membre du Conseil sicilien de la santé.

Le Conseil sicilien de la santé a établi un partenariat avec l’OMS/Europe afin d’améliorer l’état de préparation d’autres pays européens face aux mouvements migratoires, et de promouvoir les systèmes de santé axés sur les besoins des patients et la réduction des inégalités de santé au sein de la population des migrants.

L’activité de l’OMS sur la santé et la migration

FDepuis ces cinq dernières années, l’OMS/Europe apporte son soutien aux ministères de la Santé de la Région européenne dans le domaine de la migration et de la santé de la manière suivante :

  • en déployant des experts afin d’aider les pays à analyser et à améliorer leur action sanitaire face à l’afflux de réfugiés et de migrants ;
  • en aidant les pays à formuler des plans d’urgence, comme le plan régional élaboré en Sicile ;
  • en émettant des recommandations techniques, en collaboration avec ses partenaires, sur des questions clés telles que la vaccination et la santé mentale ;
  • en rédigeant des rapports présentant des bases factuelles sur la santé et la migration dans les 53 États membres de la Région européenne ;
  • en organisant une réunion de haut niveau à Rome en novembre 2015 afin de convenir d’un cadre européen pour l’action sanitaire face à la migration, en partenariat avec le ministère italien de la Santé. Ce cadre a servi de base à la stratégie et au plan d’action européens sur la santé des migrants et des réfugiés, le premier document du genre qui a été adopté par les 53 États membres de la Région européenne en septembre 2016.