La précarité des environnements intérieurs en milieu scolaire

DALIBRI

Dans de nombreux pays de la Région européenne de l'OMS, les enfants sont exposés à la précarité des environnements intérieurs en milieu scolaire, notamment le manque d'aération, l'humidité et les moisissures, les températures inconfortables et des toilettes en mauvais état de marche. Cette situation n'est pas seulement la cause de problèmes de santé et d'absentéisme, mais affecte également les résultats scolaires et le bien-être des enfants.

Un nouveau rapport de l'OMS intitulé « School environment: policies and current status » [Environnement scolaire : politiques et situation actuelle] présente les résultats d'une enquête menée récemment par l'Organisation sur les politiques visant à améliorer les conditions en matière d'environnement et de santé dans les écoles et les jardins d'enfants d'Europe. Il s'inspire également d'autres enquêtes nationales et internationales effectuées dans les établissements scolaires. Les conclusions du rapport viendront alimenter les débats engagés lors de l'évaluation à mi-parcours du processus européen Environnement et santé de l'OMS, qui aura lieu à Haïfa (Israël) du 28 au 30 avril 2015. 

« Nos enfants passent une bonne partie de la journée à l'école et à la maternelle, et nous voulons qu'ils jouissent des meilleures conditions environnementales, dans un contexte promouvant la santé et l'éducation. Or, notre étude met en évidence d'importants problèmes environnementaux dans les écoles qui, d'ailleurs, sont souvent ignorés. Nous espérons que les décideurs tiendront compte des éléments de preuve apportés à cet égard, et veilleront à l'application des normes et réglementations en la matière » explique le docteur Marco Martuzzi, chef de programme, Informations utilisables et prévisions en matière d'environnement et de santé à l'OMS/Europe. 

« Les écoles doivent être propres, sûres et confortables. L'éclairage, la température de l'air et l'humidité relative doivent être adéquats. Les salles de classe doivent être suffisamment aérées, et les établissements doivent disposer de toilettes en état de marche que les élèves n'hésitent pas à utiliser. Cela permet non seulement de réduire l'exposition des enfants aux substances toxiques et de prévenir les maladies, mais aussi d'optimiser le développement cognitif, tout en offrant des chances égales en matière d'éducation à tous les élèves », ajoute le docteur Martuzzi.

Méthodologie utilisée pour la rédaction du rapport

Le rapport résume les conclusions d'une enquête de l'OMS sur les politiques visant à prévenir l'exposition aux polluants chimiques de l'air, aux moisissures et aux facteurs physiques ; à améliorer l'accès à l'assainissement et aux pratiques d'hygiène dans les écoles et les jardins d'enfants ; et à promouvoir la pratique du vélo et de la marche entre l'école et la maison.

Il présente également une synthèse des résultats des enquêtes nationales et internationales menées récemment dans les établissements scolaires afin d'évaluer les niveaux de polluants chimiques dans les salles de classe, la ventilation et le manque d'aération, les moisissures et l'humidité, l'assainissement, le tabagisme en milieu scolaire et les modes de transport utilisés pour se rendre à l'école.

Le rapport se base sur les enquêtes les plus importantes et les plus récentes disponibles dans ce domaine, et présente un instantané de la situation dans différentes régions d'Europe.

Qualité de l'air intérieur 

La plupart des pays, en particulier ceux à revenu élevé, disposent de politiques visant à améliorer la qualité de l'air intérieur dans les écoles et les jardins d'enfants, et établissant des normes de ventilation. Or, la ventilation déficiente et le manque d'aération des salles de classe en période hivernale sont un problème fréquent dans certains pays, et affectent la santé respiratoire, les résultats scolaires et le bien-être des élèves, tout en favorisant l'absentéisme. 

L'exposition aux moisissures et à l'humidité est également courante dans certains pays, et leurs effets néfastes sur la santé respiratoire sont bien connus. Les interventions ciblées pour lutter contre ce fléau doivent viser les écoles problématiques.

Accès à des installations sanitaires et à des pratiques d'hygiène adéquates

La plupart des pays disposent de politiques globales permettant d'améliorer l'assainissement et l'hygiène dans les écoles et les jardins d'enfants. Dans les pays à revenus faible et intermédiaire, les politiques ont tendance à être encore plus globales que dans les pays à revenu élevé, à l'exception de celles sur la protection de la vie privée dans les toilettes.

L'amélioration de l'assainissement et de l'hygiène en milieu scolaire demeure un défi dans les pays disposant de ressources limitées. Les problèmes d'infrastructure et d'entretien sont à l'origine du piètre niveau de satisfaction des élèves à l'égard des installations sanitaires et d'hygiène, et de leur très faible utilisation.

L'amélioration des inspections, le respect des normes existantes et la prise en compte de l'opinion et des besoins des élèves à cet égard sont autant d'actions essentielles à la résolution de ces problèmes.