Réduire les menaces du changement climatique pour la santé : le temps presse

WHO/Miljana Grbic

Selon un nouveau rapport de l'OMS qui sera présenté à l'évaluation à mi-parcours du processus européen Environnement et santé du 28 au 30 avril 2015 à Haïfa (Israël), les vagues de chaleur et autres événements météorologiques extrêmes, ainsi que les modifications de la répartition des maladies à transmission vectorielle et des problèmes d'allergie, constituent quelques-uns des défis liés aux changements climatiques auxquels sont confrontés les pays de la Région européenne de l'OMS.

Ce rapport de situation évalue les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre d'action régional européen pour protéger la santé face au changement climatique. Dans ce contexte, 32 États membres ont examiné leur vulnérabilité à ces menaces sanitaires, la vulnérabilité à la chaleur intense constituant à cet égard un facteur commun à tous les pays.

« Certes, la situation varie d'un pays à l'autre, mais le changement climatique affecte tout le monde dans Région, les jeunes comme les vieux », explique le docteur Bettina Menne, chef de programme au Centre européen de l'environnement et de la santé de l'OMS. « Alors que de nombreux pays n'ont ménagé aucun effort pour s'adapter au changement climatique, trop souvent ces initiatives ne sont pas incorporées dans les politiques nationales de santé, et sont financées au titre de budgets déjà extrêmement serrés, » ajoute-t-elle. « Le changement climatique est une problématique de santé de nature pluridisciplinaire, et les efforts déployés jusqu'à présent pour s'attaquer à ses conséquences très graves ne suffisent simplement pas. Le secteur de la santé doit développer et optimiser sa collaboration avec les autres secteurs afin d'intensifier les mesures améliorant la santé et intégrant systématiquement les considérations climatiques dans leurs propres opérations. »

En Europe, la santé souffre du changement climatique

En Europe, la santé souffre déjà des conséquences du changement climatique. Les inondations dévastatrices survenues en mai 2014 en Bosnie-Herzégovine, en Croatie et en Serbie ont touché plus de 2,5 millions de personnes et fait 60 morts. En outre, une étude de l'OMS publiée en 2014 prévoit une hausse annuelle de la mortalité due à la chaleur en Europe qui, à moins que l'on agisse dès maintenant, atteindra 27 000 décès en 2050 chez le groupe des plus de 65 ans.

L'« Engagement à agir », approuvé à Parme (Italie) en 2010 par l'ensemble des États membres de la Région européenne, fut l'occasion de convenir d'objectifs généraux et de stratégies d'action, notamment pour l'adaptation au changement climatique et la lutte contre ce fléau. L'Engagement prévoit aussi la prise de mesures en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre et l'exposition à celles-ci, ainsi que des interventions visant à améliorer la résilience des systèmes de santé et la durabilité environnementale. 

Alors que la plupart des pays de la Région européenne de l'OMS ont entrepris de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de leur législation et obligations nationales et en vertu de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), peu sont ceux qui capitalisent sur les répercussions bénéfiques pour la santé de mesures relatives à l'énergie, aux transports, à la construction ou à l'agriculture, qui constituent un avantage immédiat des politiques sur le changement climatique.