L'accès à l'eau et à un système d'assainissement reste un luxe pour des millions d'Européens

German Federal Ministry for Environment, Nature Protection and Nuclear Safety/Bettina Rickert

Sur les 900 millions de personnes qui habitent la Région européenne de l'OMS, 9 sur 10 ont accès à de meilleures infrastructures pour l'eau potable et l'assainissement. Même si la plupart des Européens considèrent l'eau propre comme un acquis, 100 millions de personnes vivent dans un logement sans raccordement à un réseau d'eau potable et 67 millions de personnes n'ont pas accès à un assainissement amélioré et à des moyens sûrs d'éliminer les matières fécales humaines. 

Il est particulièrement préoccupant de constater que dans la Région, 6 millions de personnes demeurent tributaires des sources d'eau de surface et que dans 11 pays, 2 millions de personnes pratiquent la défécation en plein air. Il en résulte que chaque jour, 10 Européens décèdent à cause d'une diarrhée due à l'insalubrité de l'eau et à des conditions précaires sur le plan de l'assainissement et de l'hygiène. Cette situation critique est rarement dénoncée. 

Les bases factuelles sont présentées dans un nouveau rapport de l'OMS intitulé  « Water and sanitation in the WHO European Region: 2014 highlights » [Eau et assainissement dans la Région européenne de l'OMS :  les temps forts de 2014], qui résume, en leur donnant un éclairage régional, les données de 2014 rassemblées par le programme commun de l'OMS et du Fonds des Nations Unies pour l'enfance pour la surveillance de l'approvisionnement en eau et l'assainissement. Ce rapport est rendu public aujourd'hui en préparation à l'évaluation à mi-parcours du processus européen Environnement et santé de l'OMS, qui aura lieu à Haïfa (Israël) du 28 au 30 avril 2015. 

Les plus vulnérables : les populations rurales pauvres

Dans le Caucase et en Asie centrale, 70 % de la population rurale vit dans des habitations dépourvues d'accès à l'eau courante, alors que seulement 14 % des citadins connaissent le même problème. 

Il s'agit de la sous-région où la situation stagne ; on y a même connu des revers en ce qui concerne la réalisation de l'Objectif du Millénaire pour le développement relatif à l'accès à l'eau potable et à un assainissement de base. Néanmoins, c'est également la sous-région où les interventions produisent les meilleurs résultats au regard des dépenses consenties : pour chaque USD qui y est investi en vue de l'assainissement, les économies réalisées en termes de frais de santé et d'amélioration de la productivité sont estimées à cinq USD.

Donner plus qu'un simple accès à des infrastructures

« Les chiffres relatifs à l'accès à des infrastructures ne traduisent qu'à moitié la vérité. Assurer cet accès ne suffit pas pour lutter efficacement contre les maladies d'origine hydrique. La présence d'un robinet d'eau ou de toilettes dans un foyer ne garantit pas la qualité sanitaire et la fiabilité des ressources hydriques ou l'élimination des matières de vidange en toute sécurité », explique Oliver Schmoll, chef du programme Eau et assainissement à l'OMS/Europe. « Nous devons gérer les services d'assainissement et d'approvisionnement en eau dans le respect des conditions de sécurité, puisque les bases factuelles indiquent que c'est ainsi que nous pourrons faire reculer sensiblement les maladies diarrhéiques. »

L'approche du plan de sécurité sanitaire de l'eau recommandée par l'OMS, une évaluation complète et une méthode de gestion des risques, est le meilleur moyen de garantir la sécurité sanitaire de l'eau potable. Elle permet aussi d'augmenter la capacité de résistance des systèmes d'assainissement et d'approvisionnement en eau dans le cas de fortes pluies, d'inondations ou de sécheresse. 

Des objectifs stratégiques concrets pour une amélioration graduelle

Le Protocole sur l'eau et la santé à la Convention de 1992 sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux est le principal instrument stratégique pour améliorer la santé dans toute la Région européenne de l'OMS grâce à un accès plus équitable à l'eau potable et à l'assainissement. Depuis l'adhésion de la Bosnie-Herzégovine et de la Serbie, en 2010, ce Protocole compte 26 parties, représentant 60 % de la population européenne. 

Pour 2014-2016, les travaux relatifs au Protocole donnent la priorité à la généralisation des stratégies de gestion sûres et à la résolution des difficultés liées à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène dans les écoles, aux petits systèmes des zones rurales et aux inégalités en matière d'accès. Dans le cadre de la gestion de ces priorités, ce Protocole sert de plate-forme régionale pour l'assistance et la coopération multilatérales, le renforcement des capacités, le réseautage et l'échange des meilleures pratiques. 

Le Bureau régional de l'OMS pour l'Europe assure le secrétariat du Protocole avec la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU).